S&P abaisse la note de la dette de la Turquie, citant l'inflation

(Belga) L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé mardi la note de la dette de la Turquie, citant une détérioration des déficits et de l'inflation.

La note recule à "BB-/B" au lieu de "BB/B", avec perspective stable. La Turquie se retrouve donc ainsi reléguée encore davantage dans la catégorie des investissements considérés comme "spéculatifs". Cet abaissement reflète "notre inquiétude sur la détérioration des perspectives d'inflation et sur la dépréciation et la volatilité du taux de change", indique S&P Global Ratings. L'agence relève aussi l'aggravation du déficit des comptes courants (6,1% du PIB) qui pèse sur les financements extérieurs du secteur privé. Le déficit budgétaire a également été révisé en hausse alors que le gouvernement turc va continuer à stimuler une économie "déjà en surchauffe". "La sur-stimulation de l'économie provoque un éventail d'effets secondaires négatifs, notamment l'aggravation du déficit des comptes courants et la persistance d'une inflation à deux chiffres" estimée à 10,3% en 2018 par S&P. Le Produit intérieur brut, qui a cru de 7,4% en 2017, devrait encore progresser de 4,4% cette année. "En outre, la livre turque suit une tendance à la baisse depuis le début de l'année, qui s'est accélérée ces dernières semaines", dit l'agence. La livre a perdu 8% par rapport au dollar depuis début 2018. L'agence de notation met en outre à l'index "le caractère de plus en plus centralisé du processus de décision" de l'Etat turc, un des facteurs qui "exacerbent les risques d'avoir besoin d'importantes ressources financières extérieures". La grande part de la dette détenue en devises "met en lumière la vulnérabilité de la Turquie aux changements subis dans les taux de change", prévient encore l'agence. L'affaiblissement de la monnaie turque est aussi un handicap pour la qualité des actifs des banques du pays. Point positif: les exportations se portent bien, ayant grimpé de 10% sur un an en février. La saison touristique s'annonce bonne mais elle est "vulnérable à la situation de la sécurité en Turquie et dans les pays voisins". "L'escalade des tensions en Syrie et l'incursion de la Turquie dans les zones syriennes contrôlées par les Kurdes n'est pas un bon présage pour la situation géopolitique de la région", conclut S&P. (Belga)

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