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Le contournement de Perwez abandonné par la nouvelle majorité: que va devenir le pont de 770.000 euros déjà construit?

Les ministres wallons de l'Aménagement du territoire Willy Borsus et de la Mobilité Philippe Henry ont annoncé mardi, lors d'une conférence de presse organisée à la maison communale de Perwez, que la réalisation du contournement routier de Perwez ne sera pas poursuivie. Parmi les éléments pris en considération pour prendre cette décision, les ministres évoquent qu'une partie du financement prévu était couvert par des crédits à vocation économique alors qu'il n'y aura pas d'extension du zoning. Ils ont également souligné la nécessité de préserver les terres agricoles exprimée dans la nouvelle Déclaration de politique régionale.

Les agriculteurs de Perwez sont satisfaits. Après dix ans de combat, leurs terres sont sauvées. "Nous concrètement en tant que agriculteurs, ça nous coupait toute notre parcelle, il y avait des risques que les terrains soient coupés et surtout c'était aussi la crainte d'un agrandissement du zoning. Cette route passait sur 140 hectares", explique l’un d’eux.

Certains travaux pour la réalisation de ce contournement, notamment l'aménagement de giratoires ainsi que la construction d'un pont, ont déjà été entamés. Les dépenses déjà liquidées sont estimées à 3,8 millions d'euros, alors que la réalisation de l'ensemble du projet est évaluée à 10,5 millions d'euros.

Le gouvernement wallon veillera à minimiser les dépenses dans ce dossier et les deux ministres indiquent que le différentiel permettra l'économie de plus de 6,5 millions d'euros. D'autant qu'une partie des dépenses déjà réalisées concerne des expropriations, et que les terrains pourraient être rétrocédés aux anciens propriétaires moyennant remboursement des sommes payées.

Philippe Henry, en charge de la mobilité, précise également que certains aménagements de ronds-points ou de la sortie de l'autoroute E411 n'ont pas été réalisés en pure perte: ils règlent des problèmes de mobilité indépendamment de la (non) réalisation du contournement routier.

"La terre est précieuse: on n'a pas le droit de la maltraiter ou de la galvauder. Le bon sens commande de ne pas dépenser l'argent public pour rien", indique encore le vice-président du gouvernement wallon, Willy Borsus.


Le bourgmestre salue la décision

Présent à la maison communale lors de l'annonce par les ministres wallons , le bourgmestre perwézien Jordan Godfriaux a publiquement salué une "décision raisonnable" de la Région wallonne. Il a affirmé que le débat sur l'utilité du contournement dure depuis 18 ans à Perwez et que le projet n'est "porté que par quelques individus" - visant implicitement l'ancien bourgmestre André Antoine (cdH) - mais pas par la majorité de la population. Jordan Godfriaux a plaidé pour d'autres investissements en matière de mobilité.

Le nouveau bourgmestre MR de Perwez a par exemple souligné que 700.000 euros avaient été réservés pour l'aménagement du rond-point dit "de la Ville de Wavre", estimant qu'il faudrait sans doute davantage pour apporter une solution pour ce noeud routier important pour Perwez. Il a également plaidé pour la sécurisation des chaussées de Wavre et de Charleroi."Nous voulons des actions qui permettront un développement de nos entreprises, et nous voulons en accueillir d'autres mais dans une mesure plus modeste, à l'échelle de notre commune et en respectant notre cadre de vie", a indiqué mardi le bourgmestre Jordan Godfriaux.

Le ministre wallon en charge de la mobilité, Philippe Henry, a confirmé que la commune de Perwez avait été un des interlocuteurs consultés par la Région avant de prendre la décision de renoncer au projet de contournement et les autorités wallonnes et locales avaient abouti à la même conclusion.

La première échevine Véronique De Brouwer (Ecolo) a concédé qu'une telle décision n'était sans doute pas facile à prendre, en précisant que son groupe évoque depuis longtemps certaines alternatives comme le renforcement de l'attractivité des transports en commun, le covoiturage et la mobilité douce. "Pour les investissements, il y a d'autres priorités que le tout à la voiture: on peut faire de Perwez un petit laboratoire", a-t-elle complété.

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