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Un médecin de Merbes-le-Château prescrit de la méthadone a un patient qui n'est pas toxicomane pour un ami qui n'a pas de mutuelle: le patient meurt d'une overdose

Un médecin de Merbes-le-Château, près d’Erquelinnes, vient d’être inculpé pour faux et défaut de prévoyance suite à la mort d’un homme par overdose. Il lui a volontairement prescrit de la méthadone alors qu’il n’est pas toxicomane. Benjamin Samyn et Gaëtan Zanchetta ont voulu en savoir plus sur cette affaire pour le RTLinfo 13H.

Dans les pharmacies, la méthadone doit se trouver dans une zone sécurisée avec les autres stupéfiants. Le produit potentiellement mortel ne doit pas tomber dans n’importe quelles mains. Pourtant, un médecin spécialisé en traitements de substitution a réalisé une ordonnance de soixante cachets en faveur d’un homme qui n’est pas toxicomane.


"Ça peut devenir très très cher pour celui qui n’a pas de mutuelle"

L’objectif de cette faveur qui a eu de lourdes conséquences était de dépanner un patient en traitement, mais qui n’était pas en ordre de mutuelle. "Ça peut devenir très très cher pour celui qui n’a pas de mutuelle, tandis que pour celui qui en a une, c’est franchement abordable. Et dans la population visée, régulièrement il y a des personnes qui ne sont pas en règle de mutuelle, parce qu’elles sont complètement en décrochage", a expliqué Alain Eyenga, pharmacien, au micro de Benjamin Samyn pour le RTLinfo.


Le médecin inculpé, le toxicomane emprisonné

La personne a donc récupéré les 60 pilules pour son ami toxicomane, mais il en a gardé la moitié, à priori pour les vendre, et en a également consommées, il en est mort d’une overdose. Ce drame a été rendu possible par l’ordonnance rédigée en connaissance de cause par le médecin. Ce dernier a été inculpé pour défaut de prévoyance ayant entraîné involontairement la mort et pour faux document. "Il y a faux, dès qu’il y a altération de la vérité. Si on se rend compte qu’on met par écrit une information qui et inexacte et que cette personne le fait en connaissance de cause, il peut y avoir faux et faux par écriture si effectivement ce faux a lieu par écrit, qu’il s’agisse d’une ordonnance, d’un écrit ou de tout autre document", a détaillé Fabian Lauvaux, avocat pénaliste, face à la caméra de Gaëtan Zanchetta.

Le médecin a été libéré sous condition par le parquet de Charleroi. Quant au toxicomane qui n’avait pas de mutuelle, il a été placé sous mandat d’arrêt et écroué.

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