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Edito: et si l'Italie avait gagné une deuxième fois?

Edito: et si l'Italie avait gagné une deuxième fois?
(c) belga
 
 

Vendredi dernier, l’équipe de football d’Italie a réalisé une performance de très haut vol pour battre nos Diables Rouges. Une débauche d’énergie fantastique qui aurait fait passer Tihange 2 et Doel 3 pour des piles électriques. Un pressing sans faille et surtout incessant, la victoire était on ne peut plus méritée.

Mais il s’est passé quelque chose de bien plus fort qu’un match de foot ce soir-là.

Comme l’a si bien décrit Alexandre Braeckman, la défaite n’a pas engendré de tristesse ou d’émotion négative parmi les 11 millions de supporters que nous sommes. La belle prestation qu’ont offerte les Diables n’aura pas suffi, certes, mais tout le monde aura pu remarquer que l’Italie était un cran au-dessus.

C’est un constat fait au-delà de nos frontières. Chez nos voisins français, la presse était unanime pour souligner la bonne impression que nos joueurs ont laissée. Sur les réseaux sociaux aussi.

Il semblerait que pour la première fois depuis trois ans et la demi-finale de la coupe du monde, les Français aient décidé de nous lâcher la grappe. C’en est fini de l’acharnement systématique dont nous étions la cible. Une sorte de paix s’est installée.

Je pense que ces trois ans de harcèlement, n’ayons pas peur des mots, nous ont terriblement fatigués. Nous sommes tous d’accord pour dire que les Français ont dépassé les bornes de la simple taquinerie et ont repoussé les limites de la "simple blague".

Lorsqu’après le match perdu contre la Suisse ils se sont enfin rendu compte de leur arrogance, ils ont vite compris qu’il nous serait facile de leur rendre la monnaie de la pièce. Il y a eu immanquablement des débordements et des drapeaux tricolores incendiés mais ces quelques faits isolés ont très vite été condamnés. Le temps de la haine était terminé.

Quand, dans un couple, quelque chose ne va pas bien, on dit souvent qu’il faut avoir le courage de faire le premier pas. Je suis fier qu’il ait été fait par nous. Sans nous concerter nous avons trouvé que cette rivalité malsaine avait assez duré, que c’en était assez de ces insultes et ces "gneugneu vous avez le seum" à longueur de tweet ou de post Facebook qui semblaient être des arguments absolument pertinents et qui rendaient les réseaux sociaux particulièrement insupportables.

Je trouvais important de se dire que oui, nous avons mis fin à un cycle de violence et que non, ces 22 types qui ont couru après un ballon vendredi soir n’ont pas seulement joué un match de foot.

On ne saura jamais ce qu’il se sera passé si la Belgique avait gagné et ça vaut sûrement mieux ainsi.

En attendant la prochaine crise de notre partenaire, profitons de cette accalmie pour nous rappeler que la rivalité n’est bonne que sur un fond de respect.

Alors merci aux Italiens de nous avoir battu si poliment et d’avoir remis les pendules à l’heure. Puissent les dieux du foot continuer à vous sourire et vous mener loin, vous le méritez !


 

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