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Finale de l'Europa League: à Marseille, on l'appelle "Rudi les bons tuyaux"

Europa League: à Marseille, on l'appelle

Rudi Garcia a eu beaucoup de bonnes idées cette saison, de sa foi en Lucas Ocampos à sa vision de Bouna Sarr défenseur. La meilleure reste d'avoir cru qu'il pouvait emmener Marseille en finale d'Europa League, mercredi, contre l'Atlético Madrid. Une rencontre à suivre en direct dès 20h en télé sur Club RTL, sur notre site internet ou via notre application RTLinfo.

"Garcia démission!" Le 10 septembre 2017, l'OM est à des années-lumières d'une cinquième finale européenne, contre l'Atlético Madrid, à Lyon. Le Vélodrome flingue copieusement le coach, balayé par Rennes (3-1) dans la foulée d'une raclée à Monaco (6-1).

Huit mois plus tard, "Rudi" est au bord d'entrer dans la légende olympienne. Beaucoup de ses choix, tactiques et managériaux, se sont révélés payants. Inventaire.

Bouna star

Ça ricane dans le petit univers de l'"Ohème" quand Garcia essaie Bouna Sarr arrière-droit en amical contre le FC Sion (victoire 3-2), le 5 juillet 2017. Quoi? Ce joueur venu de Metz pas assez bon sur son aile droite, convoité par le promu Strasbourg pour un prêt?

Dix mois plus tard, l'idée a convaincu tout le monde. "Bouna" est souvent titulaire, et n'est incertain pour la finale qu'à cause de cette satanée rechute de sa luxation de l'épaule gauche.

Très rapide, increvable, excellent contre-attaquant, il se forge petit à petit une culture de défenseur. Garcia a été inspiré.

Plutôt Ocampos que Cabella

Ensuite quand il choisit de conserver fin août Lucas Ocampos, coureur à pied maladroit, plutôt que le technique Rémy Cabella, les puristes se récrient. Ocampos et sa manie des retournés ratés (sauf contre Troyes) n'a jamais convaincu.

Mais là aussi le choix s'avère judicieux, explique Franck Sauzée à l'AFP. Ocampos "est fantastique", s'emballe le champion d'Europe 1993. "Il est généreux, il a mis cette équipe à son diapason, défensivement c'est un monstre, offensivement il n'arrête pas de courir, et il marque de buts (16 en tout), parfois il fait des erreurs mais tout le monde en fait".

Pas de dogmatisme tactique

Après le fameux désastre contre Rennes, Garcia ne s'est pas entêté avec son 4-3-3, il est passé au 4-2-3-1, avec deux milieux défensifs pour sécuriser: Luiz Gustavo et, au choix, Frank Anguissa, Morgan Sanson ou Maxime Lopez, voire Boubacar Kamara.

"Rudi a évolué, on a joué aussi à cinq défenseurs, en 3-4-3 (les deux quarts contre Leipzig, ndlr)...", détaille pour l'AFP un de ses adjoints, Claude Fichaux.

Une équipe moderne doit savoir changer de système, même en cours de match, et quelle que soit la configuration, l'OM de Garcia "a gardé ses fondamentaux: la possession, la récupération haute, le jeu offensif", résume Fichaux.

Management gagnant

Garcia a aussi connu de la réussite dans son management. Le choix de confier le capitanat à Dimitri Payet l'a responsabilisé, au moins autant que son recentrage en N.10. Du coup, quand le coach le remet à gauche, "Dim" ne bronche pas.

Il a alterné au gré des méformes et des blessures Valère Germain et Kostas Mitroglou en pointe, qui n'ont pas tout réussi mais ont tout de même marqué 29 buts à eux deux (18 pour le Français, 11 pour le Grec).

Enfin la gestion de Clinton Njie, le "super remplaçant" de l'OM, a fait des étincelles. Le Camerounais a marqué des buts importants et provoqué le "contre son camp" qui sauve l'OM à Konyaspor. Sans lui, la C3 aurait pu s'arrêter en poules...

"La gagne"

Garcia a aussi balancé quelques tuyaux percés en 59 rencontres. Il a perdu à la dernière seconde le match qui a relancé Lyon (3-2) dans un match où le choix de se passer du puissant Frank Anguissa a laissé son milieu se faire dominer par l'OL.

Les deux 3-0 encaissés en quatre jours face au PSG ont déplu aussi, son équipe n'a jamais réussi à battre les trois premiers, récoltant 2 points sur 18, et à Monaco, sa défense à cinq a coulé.

Mais au-delà de ces quelques erreurs, il a surtout "inculqué cette culture de la gagne et le goût de l'effort", dixit Adil Rami, à son groupe. Il toque maintenant à la porte d'un club très fermé: Gérard Houllier est le seul entraîneur français vainqueur de la C3, avec Liverpool, en 2001. C'était contre une équipe espagnole: Alavès Vitoria pour une victoire 5-4...

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