La galère des joueurs en fin de contrat au 30 juin: "Clairement, ce n'est pas une période qu'on apprécie"

La galère des joueurs en fin de contrat au 30 juin:
 
 

Ils sont plus de 500 dans les 5 grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et France) et plus d'une dizaine en Belgique. Et ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Parfois, ils doivent attendre la toute fin du mercato pour retrouver de l'emploi. Quitte à accepter une expérience à l'étranger en dernière minute. Non, l'été n’est pas toujours aussi facile que ça pour les footballeurs en fin de contrat au 30 juin.

Guillaume François (RE Virton) est déjà passé par là. Alors qu'il sort de deux bonnes saisons sous le maillot du Sporting de Charleroi, il se blesse lors de sa 3e année et ne joue presque pas durant un an. A la fin de son contrat, en juin 2016, les Zèbres ne le renouvellent pas et se retrouve sans rien. "Clairement, ce n'est pas une période qu'on apprécie. Est-ce qu'on a peur? C'est un grand mot. Forcément, c'est une période où il faut rester calme, serein, patienter et faire le bon choix. Quand tu sors d'une année où tu as été blessé, tu n'as pas énormément de possibilités. Pour ma part, j'ai fait un test en Championship (D2 anglaise) et en Ecosse, mais je n'ai pas eu de proposition de contrat là-bas. Je suis revenu en Belgique à la fin de l'été, les noyaux étaient déjà faits et j'ai juste eu le Beerschot". Un choix qui s'est avéré payant pour le latéral droit de 30 ans puisqu'il remontera en D1B l'année suivante.

Ce qui compte, aujourd'hui, c'est la feuille de statistiques, d'après Guillaume François. "Quand un club te veut, il consulte souvent les stats de la saison écoulée. Ils regardent la situation physique du joueur. De plus en plus, on regarde les derniers mois passés, voire la dernière année. Tu as beau avoir performé pendant deux ans, si la troisième année n'est pas bonne... Mais en même temps, ça fait partie du jeu. Le foot évolue constamment...".

Cependant, même après une bonne saison, il est difficile d'être récompensé par un nouveau contrat ou par un transfert. "L'année dernière, alors que je sortais d'une bonne saison avec le Cercle de Bruges (où il a notamment porté le brassard de capitaine, ndlr), l'intérêt était déjà très faible", nous indique Benjamin Lambot qui vient de passer une saison au Nea Salamina Famagouste (D1 chypriote). "Après une année à Chypre, je ne sais pas si les intérêts vont suivre... Cela devient de plus en plus compliqué de trouver un contrat, je trouve. Et je ne vais pas tout accepter pour être professionnel. Si c'est juste pour dire d'être pro... Non, il faut rester cohérent. Là, mon agent regarde pour un plan B".

Descendre d'une division ou l'étranger

Un plan B qui peut parfois signifier de descendre d'un échelon. "Si en D1A, à l'heure actuelle, un club a besoin de mes services ou a envie de moi, je prends. Mais si je dois me retrouver en D1B avec une offre cohérente, je saute dessus car si je peux retourner en Belgique, c'est bien pour moi et ma famille. Quand je vois Felice Mazzu qui signe à l'Union Saint-Gilloise, c'est magnifique. Je suis réaliste, ce serait top qu'un club comme ça me contacte", poursuit le milieu de terrain de 33 ans qui a également fait les beaux jours de Tubize, Virton et de l'Antwerp en Division 2.

Pour lui, c'est soit ça, soit l'étranger. Lui qui n'a pas hésité un instant à s'envoler pour l'Azerbaïdjan après sa mésaventure au Lierse en janvier 2014: "Pourquoi pas! Ici, ça m'a vraiment plu et j'ai fait le boulot pour un nouveau contrat. En soi, ici, je ne suis pas dans le doute, j'ai fait une bonne saison, j'ai envie et j'ai faim, c'est entre le chaud et le froid".

Sauf contrainte, il ne se voit pas trop descendre encore plus bas, en D1 amateurs, par exemple. "Je me suis donné jusqu'au 1er août. Si je n'ai pas quelque chose qui me correspond dans le foot pro, j'irai chercher un travail et je descendrais en D1 Amateurs. Mais ça c'est complétement changer de vie... Je n'ai pas envie de mettre un terme à ma carrière pro de cette manière-là. Si je dois le faire, je devrais apprendre à l'accepter et faire au mieux pour continuer à jouer au foot et prendre du plaisir. Mais cette option n'est pas dans ma tête pour l'instant. L'objectif, c'est de continuer ma carrière professionnelle".

Un choix "risqué" qu'a pris Guillaume François au moment de quitter Charleroi pour le Beerschot et puis le club anversois pour la Gaume. "Il y a toujours un petit stress car c'est compliqué de retrouver le milieu professionnel. Mais heureusement pour moi, j'ai toujours fait les bons choix", sourit celui qui espère évoluer en D1B l'année prochaine malgré le refus de licence de son club.

A cette situation s'ajoute cette année le coronavirus. La crise sanitaire va impacter sévèrement les clubs et leurs finances. Le mercato estival sera dès lors très particulier pour eux, marqué par un nombre d'investissements très réduit. Et si leur salut venait justement de ces joueurs libres et gratuits?




 

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