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C1: à Milan, Maignan déjà à l'aise en rouge et noir

 
 

"Debout, noir et fier", Mike Maignan a déjà séduit Milan et le foot italien, par ses arrêts dignes de faire oublier le grand partant de l'été Gianluigi Donnarumma comme par son appel offensif à agir davantage contre le racisme.

"Qu'est ce qu'on fait pour combattre le racisme dans les stades?", a lancé le gardien remplaçant de l'équipe de France la semaine dernière. "Dans les instances, les personnes qui décident savent-elles ce que ça fait d'entendre des insultes et des cris nous reléguer au rang d'animal?"

Insulté par un supporter turinois avant le choc contre la Juventus (1-1) le 19 septembre, Maignan a refusé de botter en touche et d'endosser le rôle d'une "victime du racisme".

Le natif de Cayenne (Guyane) a appelé à une "action globale", sans quoi "l'histoire est amenée à se répéter, encore et encore et encore". Il a reçu le soutien de son club qui a diffusé une vidéo contre toutes les formes de discrimination.

"Debout, noir et fier", comme il l'a clamé dans son message très partagé, Maignan est resté intraitable face à l'agression verbale - dont l'auteur a été identifié et sera poursuivi - comme le gardien l'est sur sa ligne depuis le début de la saison.

"Magic Mike", son surnom en Italie, a largement contribué aux bons débuts en championnat des Rossoneri, toujours invaincus et deuxièmes derrière Naples.

- "Donnarumma qui?" -

Et s'il a cédé trois fois à Liverpool (2-3) lors du premier match de Ligue des champions, il s'est attiré aussi ce soir-là les louanges pour avoir arrêté un penalty de Mohamed Salah et permis à Milan d'éviter de sombrer dans un début de match compliqué.

"Il a les qualités pour progresser encore - entraîneur comme dirigeants en sont convaincus - et assez de personnalité pour commencer à se comporter en leader, même s'il vient d'arriver", a estimé la Gazetta dello sport.

Le quotidien sportif avait désigné l'ex-Lillois comme le meilleur Rossonero à Anfield, en rappelant que pendant ce temps-là son prédécesseur à Milan, sur le banc à Bruges avec le Paris SG, n'avait toujours pas joué un match de Ligue des champions.

"Donnarumma qui?", s'est interrogée la Repubblica, non moins perfidement, après la prestation de Maignan.

"On sait tous ce que +Gigio+ a apporté à cette équipe. Mais on peut dire que nous avons de nouveau aujourd'hui un grand gardien, c'est certain", a estimé la semaine dernière l'entraîneur rossonero Stefano Pioli.

"Mike me plaît énormément, notamment dans la façon dont il travaille au quotidien. Il est toujours attentif, incisif. Et pourtant, il a changé de méthode de travail en venant à Milan. Son grand mérite est d'être très curieux, il s'informe sur tout", avait-il décrit.

- "Impression de tranquillité" -

A 26 ans, le gardien formé au PSG, sacré champion de France en mai avec Lille, est en tout cas déjà à l'aise au sein de la défense milanaise dirigée par l'expérimenté (et également ex-Lillois) Simon Kjaer, 32 ans.

Malgré son caractère plutôt réservé, il paraît déjà bien parti pour devenir un cadre des Rouge et Noir, comme il l'était devenu la saison dernière au Losc, où il était parmi ceux qui prenaient régulièrement la parole dans le vestiaire.

"L'an dernier, Maignan avait disputé un championnat incroyable. Mais je pensais qu'en venant en Italie, il pourrait connaître quelques hésitations car le championnat est un peu différent", a souligné récemment Walter Zenga sur Sky.

"En réalité, il semble être là depuis toujours, il donne une impression de tranquillité", a ajouté l'ex-gardien international italien.

Maignan a en outre apporté la précision de sa relance lointaine au pied, une arme que n'avait pas forcément Donnarumma, dont le jeu au pied est moins aiguisé.

Autant d'atouts dont Milan va avoir besoin mardi soir (21h00) contre l'Atlético Madrid d'Antoine Griezmann, partenaire de Maigan chez les Bleus mais qui va avoir pour la première fois "Magic Mike" comme adversaire.


 




 

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