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Une tribune transformée en "STEP-UP BUSINESS": Marc et Anthony, abonnés à Anderlecht depuis 18 ans, priés de trouver une autre place

Une tribune transformée en

Récemment, le club de foot du RSC Anderlecht a adressé un courrier à quelque 536 personnes occupant les blocs E3 et E4 en tribunes. La nouvelle direction du club va procéder à des aménagements au sein du stade obligeant ces supporters à trouver de nouvelles places dans le stade Constant Vanden Stock. Mais la manière ne passe pas pour Anthony et Marc, deux supporters qui fulminent.

"Le sport n’est plus une histoire de famille, mais bien une histoire d’argent!". C’est la conclusion du courrier que nous a adressés Lydia via le bouton orange Alertez-nous. Elle a souhaité attirer notre attention sur le sort réservé à des centaines de supporters du RSC Anderlecht dont font partie son mari, Anthony et le père de celui-ci, Marc. Récemment, ces deux abonnés de longue date ont reçu un courrier du club anderlechtois leur annonçant une nouvelle surprenante. La tribune qu’ils occupent depuis 18 ans va subir un lifting et laisser place à un "step-up business". Une zone pensée pour "les représentants de PME souhaitant non seulement vivre l'expérience d'un match mais également ‘réseauter’, avec en prime une expérience culinaire", selon les explications du club.


"Qui peut se payer des places à ce prix-là ?"

Résultat, l’abonnement à 600 euros annuels par personne en tribune E3 et E4 (blocs concernés) passe à 1936 euros. Soit, une différence de plus de 1300 euros. "En tant qu'abonné actuel, vous aurez bien sûr la priorité de souscrire à cette nouvelle formule", indique le courrier du club de la capitale. Une phrase vécue comme une provocation pour Lydia. "Qui peut se payer ces places à ce prix-là ? En plus, rien ne changerait. Nous aurions droit aux mêmes sièges. Ils ne seront pas plus confortables", indique-t-elle indignée avant d’ajouter: "On est jetés comme des vieilles loques." 

Marc, 56 ans, le beau-père de Lydia n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère. Ce supporter de toujours est littéralement "dégoûté". Il faut dire que les tribunes E3 et E4 bénéficient d’une vue et d’une position prisée des supporters, car centrale. 

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À 4 ans déjà, Marc était un supporter d’Anderlecht. Il se souvient: "J’ai été ramasseur de balle, j’ai vécu les finales de coupe d’Europe, je me suis déplacé à l’étranger pour Anderlecht. C’est une tribune de grands fans d’Anderlecht. Nous sommes modestement de bons supporters." Alors quand on lui dit que le lieu où il se rend toutes les deux semaines pour encourager les Mauves va se transformer en un endroit chic pour "réseauter", c’est la goutte de trop. "C’est scandaleux. On réfléchit à ne plus y aller. Je connais d’autres supporters qui laissent tomber, eux." Pour lui, hors de question d’être replacé ailleurs dans le stade.


Une clientèle "satisfaite", selon le club

S’ils ne souhaitent ne pas souscrire à ce nouvel abonnement au prix triplé, les supporters comme Marc et son fils Anthony (ils sont quelque 536 personnes dans les tribunes E3 et E4 ) ont la possibilité de prendre contact avec le club et de trouver une autre solution à la fin du mois de juin (du 28 au 30 juin). Une fois que tous les abonnements du stade auront été renouvelés ou pas. David Steegen, porte-parole du RSCA, fait savoir: "On trouve des solutions au cas par cas et pour chaque supporter. Ils déménagent dans un endroit du stade qui répond à leurs critères le plus possible. Hélas, on ne peut pas ajouter un étage au stade ou construire des places supplémentaires."  Selon le club, nombreux sont ceux qui renouvellent l’abonnement malgré la majoration du tarif. Une autre grande partie serait "satisfaite de leur nouvelle localisation" même si David Steegen reconnaît "qu’il est très compliqué de répondre à toutes les demandes et de satisfaire tout le monde." Paradoxalement, le club indique sur son site et par courrier, d’une part, que des solutions seront trouvées pour les supporters de la tribune E3 et E4 entre le 28 et le 30 juin et, d’autre part, que des solutions ont déjà été trouvées pour des supporters qui en seraient d’ailleurs très satisfaits. Une communication qui sème la confusion dans l’esprit des supporters.


Une ambiance remise en question

Anthony et Marc n’ont pas essayé de joindre le club pour trouver une solution. "C’est peine perdue", lâche Anthony, 30 ans. "Nous serions obligatoirement pas aussi bien placés. Nous étions dans la tribune en face de celle de Marc Coucke (NDLR: le nouveau président du club d'Anderlecht). Ils vont nous proposer des places situées derrière le goal, debout, ou alors dans un coin du stade. C’est un manque de respect envers les supporters." Marc et Anthony pointent surtout du doigt l’usage que va faire le club de cet espace. "Vous avez déjà vu les business seats à Anderlecht ? Toujours vide. Une fois de plus, on va consacrer un endroit pour le business. Marc Coucke est un businessman plus qu’autre chose. Il va certainement gagner plus d’argent mais ce sera au détriment des supporters et de l’ambiance", analyse Anthony qui ajoute: "Déjà qu’au niveau ambiance, ce n’est pas Sclessin." 

Pour l’instant, les deux supporters mauves ignorent s’ils vont prolonger leur abonnement ou pas. Mais une chose est sûre, ils ne débourseront pas les 1936 euros demandés pour rester sur les mêmes sièges qu’ils occupaient depuis 18 ans. "Au prix qu’ils demandent, je préfère encore aller voir des matchs à l’étranger de grands clubs comme le Bayern Munich, Manchester United, Barcelone ou le Real."

Le club d’Anderlecht annonce qu’il fera un point le 10 juillet sur cette situation.

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