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JO-2020: pour la boxe française, l'impossible héritage de Rio

 
 

Cinq ans après la razzia de Rio (6 médailles, 2 titres), l'équipe de France de boxe sait déjà qu'elle ne pourra pas faire mieux aux Jeux Olympiques de Tokyo où seulement cinq combattants, avec Sofiane Oumiha en chef de file, auront la lourde tâche de perpétuer l'esprit de l'historique été 2016.

Le défi s'annonce ardu pour les Bleus (Sofiane Oumiha, Billal Bennama, Samuel Kistohurry, Mourad Aliev, Maïva Hamadouche), qui ne pourront guère éviter la difficile comparaison avec leurs glorieux prédécesseurs.

Les JO au Brésil avaient révélé au grand public une génération exceptionnelle, emmenée par le "couple en or" formé par Tony Yoka et Estelle Mossely, et devenue le porte-étendard de la discipline sur le plan national. C'est dire si la barre a été placée très haut pour les successeurs de la "Team solide".

La Fédération française de boxe se montre d'ailleurs mesurée en terme d'objectif, consciente de la complexité de la situation pour ses troupes, qui comptaient quatre représentants de plus à Rio.

"Je souhaite qu'il y ait cinq médailles mais ça va être difficile", reconnaît le président de la FFBoxe, Dominique Nato.

Après un parcours qualificatif semé d'embûches en raison de la crise sanitaire avec un TQO de la zone Europe à Londres, brutalement interrompu en mars 2020 par la flambée de la pandémie de coronavirus et relancé il y a tout juste un mois et demi, c'est surtout le désir d'en découdre, enfin, qui prédomine.

"On a vécu une année compliquée et ce seront des Jeux différents, mais l'idée c'est d'aller au Japon, mettre des coups à tout le monde et ramener des médailles. On fera ensuite la fête à Paris", explique John Dovi, l'entraîneur du collectif masculin.

Si rééditer l'exploit de Rio sera impossible, les Bleus peuvent tout de même miser sur deux valeurs sûres, Sofiane Oumiha (-63 kg), seul rescapé de Rio-2016, et Billal Bennama (-52 kg), ainsi que sur l'attraction Maïva Hamadouche (-60 kg), venue de la boxe pro pour relever un sacré challenge sur la scène olympique.

- Sacré défi pour Hamadouche -

"Aller chercher la médaille, ce serait le Graal mais j'essaye de ne pas me mettre la pression", déclare Oumiha, promu capitaine ds Bleus.

Vice-champion olympique en 2016 et champion du monde en 2017, le Toulousain (26 ans) compte bien repartir du Japon avec le titre suprême avant de se lancer dans le grand bain du professionnalisme.

Pour Bennama (23 ans), 3e des Championnats du monde en 2019, le podium est également à portée de gants.

Unique Française qualifiée, Maïva Hamadouche n'a de son côté pas eu peur de se mettre en danger. Détentrice d'une ceinture mondiale (IBF) chez les super-plumes depuis 2016, la policière de 31 ans, surnommée "El Veneno" (le venin), a décidé en 2019 d'intégrer l'équipe nationale olympique tout en poursuivant en parallèle sa carrière professionnelle (22 victoires en 23 combats, 1 défaite).

Même si l'obtention de son billet pour les Jeux s'est faite dans la douleur après une triple opération d'un bras, l'Albigeoise y croit dur comme fer.

"Je vis cette aventure à 200%, affirme-t-elle. En tant que professionnelle, je n'aurais jamais pensé de ma vie avoir l'occasion de faire les JO. C'est une boxe que je n'affectionne pas particulièrement mais je vais tout donner pour en profiter à fond. Je laisse mes titres de côté et j'y vais avec mes tripes et mon cœur."

Il faudra bien cela pour ne pas dilapider l'héritage de Rio-2016.


 




 

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