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Rugby: l'Angleterre se sépare d'Eddie Jones à neuf mois de la Coupe du monde

Au lendemain du retour du Néo-Zélandais Warren Gatland aux commandes du pays de Galles à la place de son compatriote Wayne Pivac, c'est le XV de la Rose qui a officialisé mardi le départ de son sélectionneur, l'Australien Eddie Jones, neuf mois avant le Mondial-2023.

Ces décisions, attendues, concernent deux sélections européennes majeures, sans certitude depuis plusieurs mois, qui souhaitent se mettre en ordre de bataille avant le prochain Tournoi des six nations (4 février - 18 mars) et surtout dans la perspective de la Coupe du monde 2023 en France (8 septembre - 28 octobre).

Jones, nommé en 2015 et dont le contrat courait jusqu'en 2023, a été limogé en raison des mauvais résultats du XV de la Rose, a annoncé dans un communiqué la Fédération anglaise de rugby (RFU) après avoir "passé en revue les résultats de la tournée d'automne".

"Je suis satisfait de tout ce que nous avons accompli en tant qu'équipe d'Angleterre et j'ai hâte d'observer les performances de l'équipe à l'avenir", a sobrement expliqué Jones.

"Je resterai sans doute en contact avec beaucoup de joueurs, je leur souhaite à tous bonne chance dans leurs futures carrières", a ajouté l'Australien.

- Grand Chelem 2016 -

Le technicien de 62 ans, qui avait été convoqué lundi au siège de l'instance, a notamment enregistré six défaites en douze rencontres cette année, le pire bilan de l'Angleterre depuis 2008.

Les coéquipiers de l'ouvreur Marcus Smith se sont inclinés deux fois à domicile lors des rencontres d'automne face à l'Argentine (30-29) et à l'Afrique du Sud (27-13) puis ont arraché le nul dans les dernières minutes devant les All Blacks (25-25) et n'ont glané qu'un seul succès devant le Japon (52-13).

L'Angleterre, troisième du dernier Tournoi avec seulement deux victoires, reçoit l'Écosse à Twickenham en ouverture de la prochaine édition, le 4 février, afin de prendre sa revanche sur le XV du Chardon, après la défaite (20-17) subie à Murrayfield il y a quasiment un an jour pour jour.

Ce sera donc avec un nouveau patron après le renvoi de Jones, ex-sélectionneur de l'Australie (2001-2005) et du Japon (2012-2015).

"Nous avons réalisé beaucoup de choses satisfaisantes avec l'équipe d'Angleterre et j'ai hâte de voir ce qu'elle produira dans le futur", a réagi l'intéressé, cité dans le communiqué de la RFU. "Je souhaite le meilleur aux joueurs pour la suite de leur carrière et je suis sûr que je resterai en contact avec nombre d'entre eux."

"Eddie a énormément apporté au rugby anglais", a souligné Bill Sweeney, le président de la RFU. "Il a remporté trois Tournois des six nations, dont un Grand Chelem et nous a emmenés en finale de Coupe du monde".

L'ancien talonneur de 62 ans aura passé sept ans à la tête de la sélection anglaise, qu'il a conduite au Grand Chelem dès son premier Tournoi en 2016.

- Borthwick en approche -

Ont suivi deux autres succès dans cette compétition en 2017 et 2020. Mais c'est lors de la Coupe du monde 2019 au Japon que son équipe a marqué les esprits en dominant en demi-finale la Nouvelle-Zélande (19-7) après avoir écarté l'Australie au tour précédent (40-16).

Las, en finale, les Springboks se sont révélés un morceau trop consistant, avec une défaite sans appel pour les Anglais (32-12).

Il s'agissait du second échec en finale d'un Mondial pour Jones, qui, avec les Wallabies, avait été battu en 2003 après prolongation... par l'Angleterre (20-17).

"Il a un taux de victoire plus élevé que n'importe quel sélectionneur de l'Angleterre et a permis à de nombreux joueurs ou entraîneurs de progresser. Je lui suis reconnaissant pour tout ce qu'il a accompli dans de nombreux secteurs du jeu et par son approche professionnelle", a ajouté Sweeney en indiquant que l'entraîneur des avants anglais, Richard Cockerill, assurera l'intérim jusqu'à ce que d'autres annonces soient faites "dans un futur proche".

L'ancien capitaine de la sélection, Steve Borthwick, aujourd'hui à Leicester, est pressenti par les médias britanniques pour le remplacer. Actuellement en poste à La Rochelle, l'Irlandais Ronan O'Gara s'est lui déclaré hors course, privilégiant son histoire avec le club français.

Le Néo-Zélandais Scott Robertson, qui enchaîne les succès avec la franchise des Crusaders, est également sur la liste des personnes pressenties.

Malgré des récents résultats en dents de scie, le futur successeur de Jones pourra compter sur des joueurs de talent, dont le pilier Ellis Genge ou l'arrière Freddie Steward, tous deux récemment élus dans l'équipe-type mondiale de l'année 2022.

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