Cyclisme: la revanche de van Aert sur les Strade Bianche

Cyclisme: la revanche de van Aert sur les Strade Bianche
Le Belge Wout Van Aert (Jumbo-Visma) vainqueur de la 14e édition des Strade Bianche, à Sienne, en Italie, le 1er août 2020Marco BERTORELLO
 

Deux fois troisième lors de ses deux premières participations, le Belge Wout van Aert a parfaitement maîtrisé samedi les si particulières Strade Bianche et a obtenu un superbe succès à Sienne, pour la reprise du World Tour après presque cinq mois d'interruption due au coronavirus.

En 2018, épuisé et pris par les crampes, van Aert zigzaguait et finissait par tomber dans la terrible pente de la Via Santa Caterina, à quelques dizaines de mètres de l'arrivée sur la Piazza del Campo.

"J'y ai pensé une seconde. Je me souviens de cette sensation et vous vous souvenez des images. Mais c'est de mieux en mieux, bientôt je volerai jusqu'en haut", a-t-il plaisanté après la course.

L'année suivante, le coureur de l'équipe Jumbo-Visma avait dû, dans la même montée, reconnaître la supériorité de Jakob Fuglsang et surtout du futur vainqueur Julian Alaphilippe, jamais dans le coup cette année.

Samedi, van Aert a pris sa revanche. Il était le plus fort et l'a montré en partant seul à moins de 15 kilomètres de l'arrivée, sur l'un des derniers "sterrati", les chemins de gravier toscans qui donnent leur nom à la course.

Sur la Piazza del Campo, pour une fois presque vide du fait des protocoles sanitaires mis en place, le triple champion du monde de cyclo-cross s'est imposé avec 30 secondes d'avance sur l'Italien Davide Formolo (UAE Emirates) et 32 sur l'Allemand Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe).

"Les deux dernières éditions m’avaient donné beaucoup de confiance. Je me suis beaucoup entraîné pour gagner cette course", a déclaré le jeune Belge (25 ans)

"L'année dernière, j'ai eu un gros coup d'arrêt dans ma carrière. Mais c'est la preuve qu'il ne faut jamais renoncer et aujourd'hui je me sentais mieux que jamais", a-t-il ajouté, en référence à sa chute et sa grave blessure lors du contre-la-montre de Pau sur le Tour 2019.

- Dur pour les yeux -

Sa victoire de samedi marque aussi la reprise du World Tour, qui s'était arrêté mi-mars à Paris-Nice face à la progression du Covid et a donc repris près de cinq mois plus tard dans la canicule toscane du mois d'août.

La chaleur (plus de 35 degrés) a fait des dégâts, beaucoup, comme la poussière sèche des chemins qui se soulevait au passage des coureurs, donnant parfois l'impression qu'ils se jetaient dans le brouillard.

"C'était très dur. J'ai eu besoin de temps pour retrouver les sensations du peloton, la concentration. Avec la poussière, mes yeux vont avoir besoin de quelques jours pour récupérer. C'est une course de survivants", a expliqué van Aert.

Tout au long des 184 kilomètres de l'épreuve (dont 63 de chemins), les coureurs se sont aspergé d'eau et se sont glissé des pains de glace sous le maillot, pour lutter contre la chaleur.

Cela n'a pas suffi pour Alaphilippe, que l'on a vu très agacé contre son directeur sportif et qui, à 50 kilomètres de Sienne, a perdu contact avec les meilleurs. Vincenzo Nibali est tombé et Mathieu van der Poel, qui était attendu, a terminé à plus de 10 minutes du vainqueur.

Dans ce calendrier World Tour 2020, compressé en 100 jours, les grandes courses vont se succéder. Dès samedi prochain, le peloton se lancera à l'assaut des 300 kilomètres de Milan-Sanremo.

Ceux qui ont brillé autour de Sienne, comme Fuglsang, Alberto Bettiol et bien sûr les trois hommes montés sur le podium, pourraient être de nouveau en tête du peloton. L'année dernière, quand Alaphilippe s'était imposé dans la Primavera, van Aert avait pris la 6e place.

 

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