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Le marché européen du gaz se tend à nouveau. Ce lundi, le prix du gaz en Europe a clôturé à 68,32 euros/MWh, contre 59 euros à la fin du mois de juillet et 32 euros en 2025. Une hausse qui intervient à un moment délicat : « Juste avant la saison de chauffage », souligne Caroline Sury, spécialiste éco-soc, sur le plateau du RTL info 13h.
Deux éléments alimentent actuellement les inquiétudes. D’une part, les stocks européens ne sont remplis qu’à 62 %, soit leur niveau le plus bas depuis 2009. D’autre part, les perturbations dans le détroit d’Ormuz continuent de compliquer l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL).
Pour autant, pas question de céder à l’alarmisme. « On ne parle aujourd’hui pas d’une pénurie de gaz en Belgique. Mais la situation devient plus préoccupante à l’approche de l’hiver », précise notre invitée.
La météo déterminante
La météo des prochains mois sera déterminante. Un hiver doux permettrait de limiter la consommation et donc de préserver davantage les réserves européennes. Un hiver froid produirait l’effet inverse, alors que les stocks sont déjà faibles. À cela s’ajoute la concurrence internationale pour s’approvisionner en GNL. L’Europe doit notamment rivaliser avec l’Asie pour attirer les cargaisons disponibles.
Dans un scénario où les problèmes d’approvisionnement au Moyen-Orient persisteraient, Goldman Sachs estime que le prix du gaz pourrait devoir dépasser les 100 euros/MWh en décembre afin d’attirer suffisamment de gaz vers l’Europe. « Ce n’est pas une prévision, mais cela montre jusqu’où les tensions pourraient pousser les prix dans un scénario défavorable », insiste Caroline Sury.
Les contrats fixes ont déjà fortement augmenté
Tout cela a déjà des conséquences sur les consommateurs. Entre juillet et août, le prix du gaz dans les contrats fixes a augmenté de près de 24 à 39 % selon les fournisseurs. Engie a davantage amorti le choc, avec une hausse d’environ 4 %.
À tout moment, vous pouvez reprendre un fixe moins cher ou revenir vers un contrat variable
« Soyons très clairs : prendre un fixe aujourd’hui ne signifie pas acheter son énergie à bon marché », prévient Caroline Sury. Le problème est que les prix de marché ont encore progressé depuis la fixation des tarifs du mois d’août. « Attendre une baisse devient un pari de plus en plus risqué », résume-t-elle.
Le contrat fixe comme « assurance réversible »
Dans ce contexte, le contrat fixe retrouve de l’intérêt pour les ménages qui souhaitent se protéger d’une éventuelle nouvelle flambée des prix pendant l’hiver. Mais Caroline Sury invite à changer la manière de considérer ce type de contrat. « Je le présenterais comme une assurance réversible. Vous verrouillez votre prix aujourd’hui. Si le gaz flambe cet hiver, vous êtes protégé. Mais si la situation s’améliore et que les prix diminuent, vous n’êtes pas prisonnier de votre contrat fixe. »
Contrairement à une idée répandue, souscrire un contrat fixe ne signifie pas nécessairement rester lié à celui-ci pendant un ou deux ans. « À tout moment, vous pouvez comparer à nouveau les offres et reprendre un fixe moins cher ou revenir vers un contrat variable. »
Attention aux frais et aux promotions
Tous les contrats fixes ne se valent toutefois pas. Le prix du kWh ne doit pas être le seul élément pris en compte. Il faut également examiner la redevance annuelle et les conditions liées aux éventuelles promotions. Certaines réductions ne sont accordées qu’après douze mois. Un consommateur qui change de fournisseur avant cette échéance pourrait donc perdre le bénéfice de la promotion.
Caroline Sury cite l’exemple du BasicFix de Luminus, actuellement proposé à 8,31 cents/kWh pour le gaz, contre 6,22 cents pour le BasicFlex variable. Le BasicFix présente toutefois une redevance de 20 euros par an et n’est pas assorti d’une promotion particulière susceptible d’être perdue en cas de départ anticipé. « L’idée n’est donc pas de dire que ce fixe est bon marché. Il ne l’est pas. L’idée est d’acheter de la sécurité tout en gardant une porte de sortie », explique-t-elle.
Fixer son prix, mais continuer à comparer
Pour les consommateurs qui craignent une nouvelle envolée du gaz cet hiver, choisir aujourd’hui un contrat fixe peut donc constituer une stratégie prudente. À condition de privilégier un contrat avec peu de coûts fixes et dont il est facile de sortir.
Et surtout, signer un contrat fixe ne signifie pas qu’il faut ensuite cesser de surveiller le marché. « Regardez à nouveau les tarifs chaque mois. Si les prix continuent de grimper, votre fixe aura joué son rôle. S’ils diminuent fortement, changez à nouveau de contrat. » Une stratégie que Caroline Sury résume en quelques mots : « C’est tout l’intérêt de cette assurance réversible. »

















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