Accueil Actu RTL info Conso

Près de 300 produits rappelés en 2025 : ce chiffre doit-il nous inquiéter ?

par Chérine Bouafassa
Ajoutez-nous à vos favoris Google Près de 300 produits retirés des rayons en un an. Le chiffre interpelle. En 2025, 279 rappels ont été enregistrés en Belgique, selon Afsca. Derrière ce volume élevé, faut-il voir une dégradation de la sécurité alimentaire ou, au contraire, l’efficacité d’un système de contrôle bien rodé ?

Des produits retirés des rayons pour cause de pesticides, de bactéries ou même de fragments de verre : en 2025, 279 rappels ont été enregistrés en Belgique. Un chiffre élevé, qui peut susciter des inquiétudes chez les consommateurs. Mais derrière ces retraits, les autorités sanitaires avancent une autre lecture : celle d’un système de contrôle qui détecte efficacement les anomalies.

D’après l’agence, la tendance est stable. En 2024, 283 produits avaient déjà été rappelés. « Cela montre que le système fonctionne bien », explique Aline Van Den Broeck, porte-parole de l’Afsca. À côté de ces rappels, 99 avertissements ont également été émis en 2025, en forte hausse par rapport aux 66 recensés l’année précédente.

La distinction est importante. Un rappel concerne un produit jugé dangereux pour la santé : présence de pesticides au-delà des normes, contamination bactérienne ou encore fragments de métal ou de verre. Les avertissements, eux, relèvent principalement d’erreurs d’étiquetage, allergènes non mentionnés ou dates de péremption incorrectes, et ne présentent un risque que pour certains consommateurs, notamment les personnes allergiques.

Des risques chimiques devenus majoritaires

Les risques chimiques représentent 44% des rappels. Ils devancent les dangers microbiologiques (39%), liés à des bactéries comme la Listeria, la Salmonella ou certaines souches de E. coli (STEC), ainsi que les corps étrangers (22%). Cette prédominance peut surprendre, mais elle ne traduit pas nécessairement une dégradation de la qualité des produits. « Les techniques d’analyse sont de plus en plus performantes », souligne l’Afsca. Autrement dit, les contrôles permettent aujourd’hui de détecter des concentrations anormales de substances qui auraient pu passer inaperçues auparavant.

Ces anomalies concernent une large variété de produits, de la farine aux produits laitiers, en passant par les plats préparés. Les dépassements observés ne signifient pas toujours un danger immédiat, mais peuvent représenter un risque à plus long terme, notamment en cas d’exposition répétée.

Un système basé sur la détection rapide

Les rappels ne reposent pas uniquement sur les contrôles des autorités. Le système fonctionne à plusieurs niveaux. Près de 45% des signalements proviennent du réseau européen Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF), qui permet aux États membres de partager rapidement les informations sur les produits à risque.

Mais les entreprises jouent aussi un rôle clé : elles sont à l’origine de 42% des notifications. Un élément que l’Afsca considère comme positif. « Le filet de sécurité fonctionne bien, notamment grâce à l’autocontrôle des entreprises », explique sa porte-parole. Lorsqu’un problème est identifié, les autorités renforcent immédiatement les contrôles sur les produits similaires. L’ensemble du dispositif repose sur des réglementations européennes strictes, appliquées à chaque étape de la chaîne alimentaire.

Des contrôles massifs, mais un risque zéro impossible

Chaque année, l’Afsca réalise plus de 106.000 inspections dans les exploitations agricoles, les usines, les restaurants ou encore les commerces. En parallèle, environ 64.000 échantillons sont prélevés et analysés.

Malgré cet arsenal, le risque zéro n’existe pas. « On ne l’atteindra jamais », reconnaît l’agence. Elle insiste toutefois sur le fait que la Belgique dispose d’un niveau de sécurité alimentaire élevé et d’un système de surveillance performant.

Que faire si vous avez consommé un produit rappelé ?

Lorsqu’un produit est retiré du marché, l’information est diffusée en magasin, sur le site internet et via les réseaux sociaux de l’Afsca. Selon Aline Van Den Broeck, si un consommateur a déjà consommé un produit concerné, la réaction dépend des symptômes. En l’absence de signe particulier, aucune action immédiate n’est nécessaire.

En cas de doute ou de réaction, il est recommandé de consulter un médecin. L’agence insiste surtout sur l’importance de rester informé en amont, notamment en suivant ses communications.

Faut-il s’inquiéter ?

Le nombre de rappels peut donner l’impression d’une alimentation de plus en plus risquée. Mais pour les autorités, il traduit avant tout une capacité accrue à détecter et à corriger les problèmes.

La réalité est donc plus nuancée : la sécurité alimentaire reste globalement élevée en Belgique, mais elle repose sur une vigilance constante. Car derrière chaque produit contrôlé, une évidence demeure, la sécurité de ce que nous mangeons n’est jamais totalement acquise.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus

Aussi en Conso

Voir plus d'articles