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Lutte contre le sida: "Informer, prévenir, cela reste essentiel aujourd’hui"

Ce 1er décembre a lieu la 31e Journée Mondiale de lutte contre le Sida. Apparu au début des années 80, le sida était totalement ravageur. À l’époque, des médecins des quatre coins du globe s’étaient concertés pour tenter de trouver des éléments de réponses à ces explosions de cas de VIH. Et plus tard, un traitement. Aujourd’hui, 38 millions de personnes sont toujours touchées par le virus dans le monde. Et si on ne peut plus en mourir, faut-il encore savoir que l’on est porteur. Le dépistage reste évidemment la clé pour éviter des contaminations inutiles et se protéger.

“Prévention, dépistage et espoir”. Il y a quelques années, Jean-Marc témoignait au micro de RTL TVI. Séropositif depuis 30 ans, il souhaitait montrer qu’il mène une vie normale. Pour faire bouger les choses, en terme de prévention et de préjugés autour de la maladie, Jean-Marc est devenu un véritable acteur de la prévention. 

Dans la rue, il aborde les jeunes et les moins jeunes pour briser le tabou autour de cette maladie. “Je leur dis que je suis une personne séropositive. Ça n’empêche pas de pouvoir faire de la prévention. Je n’ai pas envie que ce qui m’est arrivé leur arrive à eux. C’est aussi un message d’amour.”

Dans les années 80, Jean-Marc est l’un des premiers à annoncer sa maladie en Belgique. “Il y a 30 ans, c’était vu comme la peste! Nous étions des pestiférés, des ‘sidéens’… Moi je le dis, je ne suis pas un sidéen. Je suis une personne atteinte du sida!”

Jean Marc veut briser le silence autour de la maladie. Le silence de son premier copain qui lui avait caché sa séropositivité. Il a frôlé la mort à plusieurs reprises mais sa situation s’est stabilisée grâce à son traitement.  

On peut vivre avec cette maladie et il est important que les gens le sachent

“Il est important d’en parler à visage découvert pour montrer aux gens ce que c’est de vivre avec une maladie pareille. Même si parfois c’est pas facile, que le traitement peut être lourd à supporter certains jours, on peut vivre avec cette maladie et il est important que les gens le sachent.”

Le regard de la société sur les personnes séropositives reste malheureusement encore très négatif

Même si les choses ont évoluées depuis l'apparition du sida dans les années 80, les préjugés sur la maladie persistent.

"Le sida tue beaucoup moins puisque les personnes séropositives ont la chance d’avoir un traitement qui rend l’espérance de vie quasi normale. Mais on peut être mort au niveau social puisque le regard de la société par rapport aux personnes séropositives reste malheureusement encore très négatif”, se désole Thierry Martin, directeur de la plateforme Prévention Sida, sur le plateau de RTL INFO Bienvenue ce lundi. 

Un traitement efficace qui empêche la transmission du virus

À l'époque, aucun traitement n’existait, on parlait de véritable épidémie, et même de “virus tueur”. C’est grâce à la recherche qu’aujourd’hui le VIH, s’il est dépisté assez tôt, est une maladie chronique qui peut donc être traitée. 

Si aucun vaccin n’a encore été créé contre le VIH, un traitement a été mis au point, permettant notamment de réduire la charge virale dans le sang, et ainsi rendre la personne non contagieuse. Une véritable avancée si l’on considère que dans les années 80, les gens n’avaient d’autres choix que d’accepter leurs tristes sorts.  

“La personne séropositive reste séropositive, mais il n’y a plus assez de virus dans son sang, dans son sperme par exemple, pour le transmettre à une autre personne. C’est important à rappeler aujourd’hui”, explique Thierry Martin.

Aujourd’hui, environ 2,5 personnes sont dépistées séropositives par jour en Belgique. Un chiffre qui reste élevé malgré la prévention faite contre la maladie. “On est à 923 personnes qui ont été dépistées séropositives en 2019, sans oublier toutes celles qui ne le savent pas”, continue le directeur de Prévention Sida. 

Aujourd’hui, les personnes qui contaminent ce sont celles qui ignorent être séropositives.

Pour lui, la majorité des contaminations se font surtout par les personnes qui n’ont pas été dépistées et qui ne savent pas qu’elles sont séropositives.

“On peut vivre avec une personne séropositive, on peut avoir des enfants sans aucun risque d’être infecté puisque la personne, si elle prend un traitement, ne peut pas transmettre le virus. Aujourd’hui, les personnes qui contaminent ce sont celles qui ignorent être séropositives." 

"C’est aujourd’hui essentiel de savoir si on est porteur du virus. Premièrement parce qu'on va prendre un traitement qui va faire en sorte d’être en meilleure santé et vivre presque normalement. Et surtout, on va casser la chaîne de transmission du virus, puisqu’une personne séropositive qui prend un traitement aura une charge virale indétectable. Et dans ce cas-là, ne transmettra plus le virus."

Une maladie trop stigmatisée voire pas assez connue?  

À l'occasion de cette 31e journée mondiale de lutte contre le sida, la plateforme Prévention Sida a lancé une enquête en ligne. Et le constat est inquiétant voire "interpellant". 

"On a vu qu’il y a encore à peu près 20% des personnes interrogées qui nous disent qu’on peut attraper le VIH en embrassant une personne séropositive", explique le directeur. 

Une réponse plus qu'inquiétante car pour éviter d'être séropositif sans le savoir et de contaminer les autres, il faut avant tout être sensibilisé sur la maladie. Le dépistage reste la clé.

"Nous sommes en 2020, près de 40 ans après l’apparition du VIH, donc force est de constater que malheureusement le niveau de connaissance est encore insuffisant, et pourtant c’est le premier pas vers une contamination du virus. Donc informer, prévenir, cela reste essentiel aujourd’hui."

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