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Elodie a l’habitude de visiter les cimetières. Le 24 février dernier, elle s’est rendue au cimetière de Couillet centre, à Charleroi, et a été sidérée par ce qu’elle y a vu… et photographié. « Les caveaux sont cassés et dans un cercueil visible et cassé, on voit carrément un crâne », nous dénonçait-elle alors via notre bouton orange Alertez-nous.
Ce caveau en particulier est bien connu de l’échevin Mahmut Dogru, en charge des cimetières à Charleroi. « Nous avons reçu l’information le 24 février et le 25, nos services ont sécurisé le caveau », explique-t-il. Pour « sécuriser » une sépulture, elle est refermée avec un panneau de multiplex bakélisé de 18 mm d’épaisseur, ce qu’on appelle des panneaux marins, résistants à l’humidité.
Je pense bien que c’est du vandalisme
« Mais il y a quelques jours », la réparation a été retirée et le caveau a de nouveau été ouvert, dénonce l’échevin. Les fossoyeurs l’ont alors de nouveau refermé, mais « un caveau sécurisé qui s’ouvre une deuxième fois au bout de deux ou trois semaines, pour moi, il y a une intervention humaine quelque part », confie Mahmut Dogru. « Je pense bien que c’est du vandalisme. »
Les ayants droit disparaissent, les sépultures restent
Un acte qui ne serait cependant pas dirigé vers la famille propriétaire du caveau… puisque la Ville elle-même « ne retrouve pas les ayants droit. Ils n’ont plus de famille ici », explique l’échevin. Une problématique qui résume à elle seule l’état de délabrement général du cimetière. Ses sépultures sont laissées à l’abandon par les ayants droit des défunts, soit volontairement, soit parce qu’il n’y en a plus.
Le Plan Oxygène oblige Charleroi à faire des choix
Pour remédier au problème, un « plan cimetière 2020-2050 » avait été mis en place par la Ville de Charleroi. L’idée était de procéder à des exhumations massives des tombes abandonnées. Pour le cimetière de Couillet centre, il avait été décidé de ne plus y inhumer personne, hors caveaux familiaux toujours utilisés, et de le transformer à terme en parc.
Mais si certaines sépultures ont bien été retirées et remplacées par de la végétation, « pour 2026, j’ai dû supprimer le budget inhumations à cause des conditions du Plan Oxygène » de la Région wallonne, auquel est soumise la Ville, avoue Mahmut Dogru. « On a dû faire des choix et on doit donner la priorité aux mises en conformité et à la sécurité. Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre, on postpose », détaille-t-il.
Toute exhumation de masse dans les cimetières carolos est donc en stand-by et seules les exhumations forcées sont encore réalisées. Une situation qui perdurera au moins jusqu’à l’année prochaine. Là, « tout dépendra de comment la Wallonie nous soutiendra pour 2027-2028. Mais dès que le budget sera disponible, je relancerai le travail commencé au niveau des cimetières », assure l’échevin.

























