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« On voit carrément un crâne » : un cimetière de Charleroi victime de « vandalisme » et privé de moyens de rénovation

par Gaëtan Willemsen
Ajoutez-nous à vos favoris Google Le cimetière de Couillet centre, connu pour son état de délabrement, faisait l’objet d’un ambitieux plan d’exhumations de masse pour le transformer en parc. Mais les contraintes financières imposées à Charleroi par la Wallonie ont mis le dossier en attente. Résultat, les tombes non entretenues ne sont pas retirées et elles attirent visiblement les casseurs.

Elodie a l’habitude de visiter les cimetières. Le 24 février dernier, elle s’est rendue au cimetière de Couillet centre, à Charleroi, et a été sidérée par ce qu’elle y a vu… et photographié. « Les caveaux sont cassés et dans un cercueil visible et cassé, on voit carrément un crâne », nous dénonçait-elle alors via notre bouton orange Alertez-nous.

Ce caveau en particulier est bien connu de l’échevin Mahmut Dogru, en charge des cimetières à Charleroi. « Nous avons reçu l’information le 24 février et le 25, nos services ont sécurisé le caveau », explique-t-il. Pour « sécuriser » une sépulture, elle est refermée avec un panneau de multiplex bakélisé de 18 mm d’épaisseur, ce qu’on appelle des panneaux marins, résistants à l’humidité.

Je pense bien que c’est du vandalisme
Mahmut Dogru, échevin de Charleroi en charge des cimetières

« Mais il y a quelques jours », la réparation a été retirée et le caveau a de nouveau été ouvert, dénonce l’échevin. Les fossoyeurs l’ont alors de nouveau refermé, mais « un caveau sécurisé qui s’ouvre une deuxième fois au bout de deux ou trois semaines, pour moi, il y a une intervention humaine quelque part », confie Mahmut Dogru. « Je pense bien que c’est du vandalisme. »

Les ayants droit disparaissent, les sépultures restent

Un acte qui ne serait cependant pas dirigé vers la famille propriétaire du caveau… puisque la Ville elle-même « ne retrouve pas les ayants droit. Ils n’ont plus de famille ici », explique l’échevin. Une problématique qui résume à elle seule l’état de délabrement général du cimetière. Ses sépultures sont laissées à l’abandon par les ayants droit des défunts, soit volontairement, soit parce qu’il n’y en a plus.

Le Plan Oxygène oblige Charleroi à faire des choix

Pour remédier au problème, un « plan cimetière 2020-2050 » avait été mis en place par la Ville de Charleroi. L’idée était de procéder à des exhumations massives des tombes abandonnées. Pour le cimetière de Couillet centre, il avait été décidé de ne plus y inhumer personne, hors caveaux familiaux toujours utilisés, et de le transformer à terme en parc.

Mais si certaines sépultures ont bien été retirées et remplacées par de la végétation, « pour 2026, j’ai dû supprimer le budget inhumations à cause des conditions du Plan Oxygène » de la Région wallonne, auquel est soumise la Ville, avoue Mahmut Dogru. « On a dû faire des choix et on doit donner la priorité aux mises en conformité et à la sécurité. Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre, on postpose », détaille-t-il.

Toute exhumation de masse dans les cimetières carolos est donc en stand-by et seules les exhumations forcées sont encore réalisées. Une situation qui perdurera au moins jusqu’à l’année prochaine. Là, « tout dépendra de comment la Wallonie nous soutiendra pour 2027-2028. Mais dès que le budget sera disponible, je relancerai le travail commencé au niveau des cimetières », assure l’échevin.

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