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Assurance chômage: reprise des négociations six mois après un échec

Syndicats et patronat se sont remis autour de la table mardi pour dresser le "diagnostic" de l'échec des discussions sur l'assurance chômage il y a six mois, ce qui devrait occuper plusieurs séances avant toute réouverture de négociation, qui pourrait n'intervenir qu'après la présidentielle.

La réunion a démarré à 15H00 au siège du Medef à Paris en présence des cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et des trois organisations patronales (Medef, CGPME, U2P).

En juin, la négociation, parasitée par le débat autour de la loi travail, avait buté sur une demande des syndicats de moduler les cotisations sur les contrats courts (surtaxation, bonus-malus), ce que le Medef refuse catégoriquement.

Le gouvernement a prolongé la convention signée en 2014, mais n'a eu de cesse de pousser les partenaires sociaux à relancer la négociation sur l'assurance chômage, qui croule sous un déficit de plus de quatre milliards d'euros et une dette record de 30 milliards.

En octobre, le patron du Medef, Pierre Gattaz, a proposé aux syndicats de faire un "diagnostic partagé" pour "mieux comprendre les raisons" de cet échec, le premier depuis 1982, ce que ces derniers ont accepté.

Cette invitation arrivait juste après la menace de Manuel Valls de donner au gouvernement la main sur ce dossier, mais qui n'a pas été mise à exécution.

Pour l'heure, il n'est pas question de rouvrir la négociation: la réunion de ce mardi ne porte que sur la "définition de la méthode" et le "calendrier de travail".

Le Medef propose "six-sept" séances pour dresser ce diagnostic sur l'assurance chômage et le marché du travail, sans préciser de nouvelles dates.

Ces séances, si elles sont validées mardi, porteraient, entre autres, sur les évolutions et réformes récentes du marché du travail, les nouvelles formes d'emploi et de protection sociale, l'accompagnement et la formation professionnelle, le fonctionnement de l'assurance chômage.

Mais les syndicats doutent de la volonté du Medef de rentrer dans le dur des négociations avant la présidentielle, le soupçonnant comme Michel Beaugas (FO) de vouloir "gagner du temps".

- "La balle est dans le camp du patronat" -

"Certains au Medef jouent sur un calendrier où ils parient sur la victoire des plus libéraux de la droite, celle de François Fillon", dénonce Denis Gravouil (CGT), qui craint que le Medef "promène les syndicats pendant six réunions".

Pour Véronique Descacq (CFDT), "toute la question est de savoir si le Medef a l'intention de rouvrir les négociations ou si c'est juste une manoeuvre dilatoire avant la présidentielle". "L'Elysée n'a rien à faire dans l'assurance chômage qui appartient aux partenaires sociaux", a poursuivi la numéro deux de la CFDT, ajoutant: "La balle est dans le camp du patronat."

La prudence est également de mise côté patronat. "C'est très difficile de se projeter. Il faut savoir qui sera candidat au premier tour et les contenus des programmes politiques", explique Jean-Michel Pottier (CGPME).

Côté CFTC, Eric Courpotin juge qu'il serait "plus sage" et "plus prudent" de trouver un accord avant la présidentielle, afin que les partenaires sociaux ne se retrouvent pas "dépossédés" de ce dossier "par le ou la futur(e) président(e)" de la République, alors que les critiques du paritarisme se sont multipliées à droite depuis la rentrée.

Sur le fond, le bras de fer s'annonce tendu, tant les lignes paraissent irréconciliables entre le patronat et les syndicats.

Les syndicats veulent toujours moduler les cotisations sur les contrats courts, soit par une surcotisation générale (CGT), un système de bonus-malus pénalisant les entreprises qui abusent de ces contrats (FO, CFE-CGC), ou la dégressivité des cotisations selon la durée dans l'emploi (CFDT, CFTC).

Début novembre, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, s'est montrée favorable à un système de bonus-malus sur les contrats courts "qui coûtent à l'Unédic 6,2 milliards d'euros et génèrent une précarité pour les demandeurs d'emploi".

Le patronat, lui, propose de baisser la durée des allocations chômage pour les seniors, sanctionner l'absence de recherche d'emploi ou réformer le mode de calcul des allocations.

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