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France: Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", échoue à obtenir une révision de son procès

(Belga) La justice française a rejeté jeudi une requête de Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", qui voulait obtenir la révision de son procès après sa condamnation à la perpétuité incompressible pour trois meurtres sauvages et des séquestrations en 2004, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon ces sources, la commission d'instruction de la Cour de révision a déclaré cette requête "irrecevable" et ferme ainsi la porte à l'organisation d'un nouveau procès, un événement qui reste exceptionnel en France. "Cette décision est définitive, il n'y a pas de recours possible", a déclaré à l'AFP l'avocat de Pierre Bodein, Dominique Bergmann. Pierre Bodein, qui purge à 71 ans sa peine à Moulins (Allier), est l'un des rares condamnés en France à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine la plus sévère du code pénal. Il avait été jugé définitivement coupable en janvier 2010 du meurtre d'Hedwige Vallée, 38 ans, de l'enlèvement, de la séquestration, du viol et du meurtre de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, et du viol et du meurtre de Julie Scharsch, 14 ans. Les corps des victimes avaient été retrouvés sauvagement mutilés en juin et juillet 2004 dans des ruisseaux du centre de l'Alsace. Vite soupçonné en raison de ses antécédents, Pierre Bodein avait été confondu par ses empreintes génétiques. Il a toujours crié au complot. Ce multirécidiviste, surnommé "Pierrot le fou" après avoir passé plus de la moitié de sa vie en prison ou en hôpital psychiatrique, avait également tenté deux enlèvements au printemps 2004. Il avait été condamné en première instance en 2007 à la perpétuité incompressible, une peine confirmée en 2008 en appel puis définitivement en 2010 par la Cour de cassation. A l'appui de sa demande de révision, examinée à huis clos le 19 septembre, Pierre Bodein avançait des "éléments nouveaux", notamment "une dizaine d'alibis non vérifiés aux dates-clés de la procédure", en juin 2004, avait indiqué Me Bergmann. "Le recours en révision de Pierre Bodein était tout à la fois incongru et indécent. Incongru car dénué de toute justification sérieuse. Indécent parce que ce recours ne faisait que raviver la souffrance morale des familles de victimes", a réagi auprès de l'AFP Thierry Moser, avocat de la famille Scharsch, "très satisfait" de la décision. L'avocat du condamné a indiqué "étudier la saisine de la Cour européenne des droits de l'Homme sur la notion de procès équitable". (Belga)

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