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La décision de culpabilité ne peut se conjuguer avec une peine clémente

La décision de culpabilité ne peut se conjuguer avec une peine clémente

(Belga) La décision rendue jeudi, à savoir la culpabilité de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer pour le quadruple assassinat à caractère terroriste commis au Musée juif de Belgique, "ne peut se conjuguer avec une peine clémente", a adressé aux jurés l'avocat général Yves Moreau, lundi, devant la cour d'assises de Bruxelles.

Les infractions commises sont "d'une gravité hors norme", a souligné le procureur. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont, depuis jeudi, "sortis du camp des présumés innocents pour rejoindre celui des coupables". "On a franchi une étape importante, mais il en reste une seconde. Il va falloir terminer le travail, avec logique et cohérence." "Parfois, par peur ou envie de 'contenter' tout le monde, lorsque le jury suit l'accusation sur la culpabilité, il suit la défense sur la peine", a relevé M. Moreau. "J'espère que ce constat subjectif ne trouvera pas sa place ici, et que vous ne tremblerez pas", a-t-il indiqué au jury. "On dit aussi souvent que la peine, c'est le débat du cœur, par opposition à celui de la raison sur la culpabilité", a poursuivi l'avocat général. "Mais l'un n'empêche pas l'autre. Quatre victimes ont été jugées et exécutées. Ce serait trop facile pour les accusés de venir jouer sur leurs émotions, alors que c'est de leur faute si les victimes ne peuvent plus exprimer les leurs." Après avoir rendu hommage au couple Riva, à Alexandre Strens et Dominique Sabrier, de "belles personnes avec un cœur énorme, que tout le monde aurait voulu connaître", Yves Moreau a détaillé les quatre fonctions de la peine selon lui: punitive, symbolique, exemplative et protectionnelle. "Ce n'est pas une vengeance, cette notion n'a pas sa place dans une enceinte judiciaire. C'est une réponse de la société par rapport à un mal qui lui a été causé. Outre la sanction, la peine doit traduire la gravité de la faute de ceux qui ont violé les règles de la vie en société et dissuader ses membres de commettre les mêmes actes", a appuyé le procureur. Il a souligné qu'ils encouraient donc tous les deux la réclusion criminelle à perpétuité. (Belga)

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