De Wever menace d'en finir avec la Belgique si le PS gagne les élections: voici la réponse de Di Rupo

ELECTIONS 2019

La N-VA a annoncé ses intentions pour les élections régionales et fédérales de mai prochain. Elle vise la tête des gouvernements flamand et fédéral. Et elle a un ennemi: le PS. Selon les nationalistes flamands, si les socialistes remportent les élections chez les francophones, elle poussera le pays dans le confédéralisme. Le président du PS, Elio Di Rupo, réagit à cette annonce.

"Voter pour le PS, c'est faire en sorte qu'on ne divise pas notre pays. De Wever veut diviser la Belgique et notamment à travers la sécurité sociale, c'est son concept de confédéralisme. Il faut être clair, voter pour la Belgique, c'est voter pour l'unité du pays, et donc c'est vrai que c'est nous qui représentons le plus la protection de l'ensemble des citoyens de notre pays et singulièrement les francophones de Wallonie et Bruxelles" a déclaré Elio Di Rupo, président du PS. Une réponse aux provocations de Bart De Wever selon lesquelles une victoire du PS aux élections de mai prochain entraînerait la plongée dans le confédéralisme.

"Bart De Wever a fait semblant pendant quelques années qu'il ne s'occupait que d'économie. En réalité, il avait toujours derrière la tête l'indépendance de la Flandre. Comme aujourd'hui, il n'ose pas dire indépendance parce que la population flamande n'est pas pour l'indépendance, il dit confédéralisme", a poursuivi Elio Di Rupo au micro de nos journalistes Loïc Parmentier et Bruno Spaak.

La politique conduite par le MR et la N-VA est une déchirure de notre société

Selon Elio Di Rupo, le confédéralisme marquerait la fin de la sécurité sociale. "Dans son esprit (dans l’esprit de Bart De Wever, nldr), le confédéralisme signifie surtout scinder la sécurité sociale. Mais ce sont des caisses où les travailleurs flamands, bruxellois et wallons interviennent en fonction de ce qu’ils peuvent. C’est-à-dire en fonction de leurs revenus. Or les services sont les mêmes. Si on scinde, on va avoir des difficultés pour préserver cette qualité. Donc non, je ne veux pas que l’on scinde la sécurité sociale et je ne suis pas pour le confédéralisme", a-t-il assuré.

"Il est venu, il a foutu notre pays dans une détresse sociale. La politique conduite par le MR et la N-VA est une déchirure de notre société. Aujourd’hui, nous socialistes, devons répondre à l’urgence sociale créée par la N-VA", a ajouté Elio Di Rupo.

Enfin, quand on lui demande s’il se voit, lui aussi, à un poste de ministre , le président du PS ne donne pas de réponse et se contente de repousser l’échéance. "Je vous le dirai après le 26 mai", a-t-il dit en souriant.


Bart De Wever ministre-président de la Flandre et Jan Jambon Premier ministre fédéral

Le président de la N-VA Bart Wever a annoncé lundi qu'il tirerait la liste de son parti à Anvers pour les élections régionales. Il est candidat à la ministre-présidence de la Flandre. L'ex-vice-premier ministre, Jan Jambon, sera quant à lui candidat aux élections fédérales en province d'Anvers et ambitionne de devenir Premier ministre s'il recueille un "plébiscite".

Les deux hommes ont dit leur ambition de combattre la "reconquista" annoncée vendredi par le président du PS, Elio Di Rupo, lors des voeux de son parti, et de protéger une Flandre qui s'inscrit dans le modèle d'"Europe du Nord-Ouest" à la manière de l'Allemagne ou des Pays-Bas. "La reconquista est annoncée. Le PS a proclamé qu'il voulait reconquérir le pouvoir et a un programme pour revenir en arrière sur toutes les réformes socio-économiques qui sont nécessaires (...) Cela fait penser aux ravages provoqués par François Hollande après Nicolas Sarkozy", a expliqué M. De Wever lors d'une conférence de presse au parlement flamand. "Si le but est de reconquérir le pouvoir, nous allons défendre le bastion Flandre. La reprise du pouvoir par le PS doit à tout prix être évitée." La réponse à la "reconquista" du PS est le confédéralisme, a répété le leader nationaliste, avant de préciser, en écho aux mises en garde de M. Di Rupo quelques heures plus tôt, que son modèle prévoyait une solidarité "transparente et efficace" entre la Flandre et la Wallonie. La N-VA n'a pas renoncé à participer à une majorité fédérale mais seulement à la condition de poursuivre le travail entamé en 2014.

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