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Début des négociations entre PS et Ecolo en Wallonie: un gouvernement minoritaire est-ce tenable ?

Les négociations débutent cette semaine entre le PS et Ecolo en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, en vue de former des gouvernements. Les deux partis n'ont pas la majorité mais comptent inviter des membres de la société civile à la table des discussions et puis au gouvernement. Cela suscite beaucoup d'interrogations. Est-ce légal de former d'emblée un gouvernement minoritaire et est-ce tenable ?

Dès cette semaine, PS et Ecolo travaillent à la rédaction d'un cœur de programme commun. Le souci, c'est que les deux formations ne disposent que de 35 sièges sur 75 au parlement wallon et n'atteignent donc pas une majorité. A chaque vote, les socialistes et les écologistes devront négocier le soutien de minimum trois députés issus de l'opposition.

"Suivant l'enjeu, différents élus pourraient choisir tantôt de s'abstenir, tantôt de soutenir une proposition, tantôt de voter contre. Cela rend le gouvernement a priori moins stable et d'autre part cela donne plus de pouvoir à une série de députés individuels. Ce qui impose donc que PS et Ecolo obtiennent des accords préalables", explique Benoît Rihoux, professeur de sciences politiques à l'UCL.


"Une solution créative, innovante"

Le gouvernement coquelicot intégrerait des ministres issus de la société civile: des personnalités non-élues choisies pour leur engagement dans un syndicat, une mutuelle ou tout autre organisation. Selon Ecolo, cette formule prendrait en compte les signaux envoyés par l'électeur. "Le premier, c'était de dire: on fait confiance à des partis qui ont à l'ordre du jour les questions écologiques et les questions sociales. Et puis, l'autre signal qui a été donné c'est qu'un peu plus d'un demi-million d'électeurs wallons n'ont pas voulu s'exprimer. Ces signaux nous ont amené chez Ecolo à se dire qu'on doit trouver une solution créative, innovante", indique Bénédicte Linard, députée wallonne Ecolo, invitée ce matin sur Bel RTL.

"Il y a déjà des précédents d'hommes et de femmes politiques qui étaient d'abord des dirigeants syndicaux, de mutuelles ou autres. C'est un parcours assez classique. La différence ici c'est que cela ne passerait pas par le parti politique", souligne le professeur de sciences politiques.

Rien n'interdit un gouvernement minoritaire mais il doit être soutenu par une majorité du parlement et ce dès son entrée en fonction. Déjà employée dans les pays nordiques et au Portugal, cette recette nécessite un important travail de déminage.

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