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Euthanasie des mineurs: "Le respect que l’on doit à l’enfant c’est d’être à son écoute"

Daniel Bacquelaine, chef de groupe MR à la Chambre, a rappelé que le vote sur l'élargissement de la loi aux mineurs allait clarifier les situations parfois complexes. "On va lever un certain nombre de confusions", a-t-il estimé sur les ondes de Bel RTL.

La chambre entame aujourd'hui les discussions sur l'euthanasie des mineurs en séance plénière. Une majorité alternative devrait se dégager pour approuver le texte. Hier, des dizaines de pédiatres ont estimé que le politique a été trop vite pour légiférer. Daniel Bacquelaine, chef de groupe de MR à la chambre, a livré sa réponse à ce sujet. Il était l'invité de 7h50 sur Bel RTL.

Fabrice grosfilley : Daniel Bacquelaine, a-t-on été au bout du débat sur l’euthanasie des mineurs ?

Daniel Bacquelaine : Oui, on en discute depuis 2002 et même avant. La loi de 2002 a été l’objet de très nombreux débats. De la même façon, l’extension de la loi euthanasie aux patients mineurs a fait l’objet d’une quarantaine d’auditions au sénat. Le Sénat a mené ce débat. Aujourd’hui elorjet est à la chambre, c’est en continuité avec ces débats au Sénat.

FG : Donc, pas besoin de refaire de nouvelles auditions à la chambre, tout a été dit au Sénat ?
DB : Non, je pense qu’à un moment, il faut prendre ses responsabilités et aborder le sujet en âme et conscience.

FG : Vous êtes médecin de formation. Que dites-vous à ceux qui, parmi vos confrères, estiment qu’on va légiférer alors que ce n’est pas vraiment nécessaire et que finalement, on va peut-être ouvrir la porte à des cas douteux ?

DB : Non, au contraire, on va lever un certain nombre de confusions. Je pense que c’est un sujet difficile évidemment, qui touche à l’intimité personnelle de chacun. La façon dont on conçoit son propre degré d’autonomie, les questions de vie ou de mort. C’est d’ailleurs pour cela que dans mon groupe, on laisse la liberté totale de vote. Il n’y a pas de discipline de partie sur des questions comme celles-là.

FG : Le nœud central est de savoir comment on détermine qu’un jeune a encore suffisamment de discernement pour prendre une décision aussi lourde ?
 
DB : Oui, bien sûr et on entoure cela de toute une série de conditions très strictes. En fait, il s’agit de situations exceptionnelles, entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de décider si l’enfant ou le mineur va mourir ou pas. La mort est là à brève échéance. Le drame existe. Et je pense que dans ce cas, il faut permettre à l’enfant d’exprimer ce qu’il pense de sa propre vie, de sa fin de vie, de sa façon de mourir. Le respect que l’on doit à l’enfant c’est d’être à son écoute.

Une décision difficile est à prendre à un moment donné. Elle doit être prise dans le cadre d’une souffrance inapaisable, constante, dramatique pour l’enfant, avec l’accord des parents bien entendu et dans une situation où la mort est à très brève échéance et où malheureusement, il n’y a plus de traitements possibles. Et pour moi, la plus grande humanité et compassion est d’écouter ce que l’enfant a à dire par rapport à cela.

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