Le gouvernement fédéral fait sa rentrée vendredi

(Belga) Le gouvernement fédéral tiendra, vendredi, son conseil des ministres d'après vacances. La rentrée se déroule dans un contexte un peu particulier puisque dans six semaines, 8 millions d'électeurs se rendront aux urnes pour les scrutins communal et provincial, premières élections depuis plus de quatre ans.

Un dossier retiendra plus particulièrement l'attention du Premier ministre Charles Michel (MR): le Pacte d'investissement stratégique. Initiée en 2016, cette dynamique s'étend jusqu'en 2030 et vise à relancer l'investissement en Belgique autour de six axes. Un comité a été mis en place, composé de représentants du monde économique. Son rapport final sera présenté dans le courant du mois et donnera aux gouvernements fédéral, régionaux et communautaires des indications sur des projets-phares qui auront un effet démultiplicateur sur l'économie dans les années qui viennent. Autre sujet, le "jobs deal" sur lequel le gouvernement s'est accordé avant les vacances. L'équipe Michel doit préparer le travail législatif et réglementaire qui mènera à l'entrée en vigueur de près de 30 mesures au début de l'année prochaine. Certaines d'entre elles sont particulièrement controversées, dont une révision des principes de la progression barémique des salaires (fondée jusqu'à présent sur l'ancienneté) ou l'accélération de la dégressivité des allocations de chômage moyennant leur augmentation au cours des premiers mois d'octroi. La semaine prochaine, le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), rencontrera le groupe des Dix qui rassemble les représentants patronaux et syndicaux. Le climat social est chaud. Une journée d'actions est annoncée le 2 octobre en front commun syndical mais à la FGTB, certains veulent aller plus loin. La FGTB liégeoise mènera une grève de 24 heures ce jour-là. Le "jobs deal" n'est pas le seul motif de mécontentement social. Les syndicats contestent depuis le début de la législature la réforme des pensions menée par le gouvernement. Une discussion difficile est toujours en cours sur les fonctions pénibles. Avant les vacances, le conseil des ministres a approuvé le projet de loi qui définit les critères de pénibilité en deuxième lecture. Le gouvernement a prévu dans sa "vision stratégique" pour la Défense à l'horizon 2030 de remplacer les chasseurs-bombardiers F-16. Un appel d'offres a été lancé et la procédure s'achève. Deux candidats ont remis une offre dans ce cadre: l'américain Lockheed Martin avec le F-35 et le consortium européen Eurofighter avec le Typhoon. La première offre expire à la mi-octobre et la deuxième au début de 2019. La France a joué les trouble-fêtes en remettant, hors appel d'offres, une proposition de partenariat stratégique reposant sur le Rafale. Une décision est attendue dans les semaines à venir mais il se pourrait bien qu'elle ne soit prise qu'après les élections. Une prolongation d'une semaine ou deux de la première offre ne posera en principe pas de problème, confiait-on dans les rangs gouvernementaux. La Chambre reprendra quant à elle ses travaux la semaine prochaine. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), est déjà attendu en commission de l'Intérieur pour un échange de vues après l'expulsion très contestée d'un criminel albanais en attente de jugement. La rentrée officielle aura lieu le deuxième mardi d'octobre, à quelques jours des élections, pour le traditionnel discours de politique générale du Premier ministre. (Belga)

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