Comment les agents pénitentiaires gèrent-ils la radicalisation des détenus? "Il n'y a jamais de risque zéro"

La radicalisation dans les prisons impose aux gardiens de changer leurs comportements. De nouvelles consignes très précises sont appliquées à l'intérieur des établissements pénitentiaires. Certains agents dénoncent une augmentation du stress sans réellement garantir le risque zéro.

Psychologie et gestion des détenus, situations de crise, relations à risques, radicalisation... Des documents internes et confidentiels sont utilisés dans la formation des gardiens de prison en Belgique. Ils doivent donner des clés notamment pour assurer la gestion des détenus radicalisés ou soumis a un régime de haute sécurité. Ces consignes et comportements à respecter alourdissent la charge de travail.

"Depuis la rationalisation, il y a beaucoup de facteurs de stress et le fait d'avoir ce genre de détenus dans nos établissements fait qu'il y a un serveur de stress supplémentaire qui s'ajoute aux autres", explique Christopher Ghyselinck, agent pénitentiaire et délégué CSC-Services publics à la prison de Ittre.


"On distribue des couverts en plastique"

Par exemple, les consignes concernant les détenus radicalisé demandent du temps et de l’organisation. "On distribue des couverts en plastique. Il y a aussi la nécessité pour les agents pénitentiaires d'établir des rapports journaliers, quotidiens à destination de la Sûreté de l'Etat. Tous les mouvements de ce type de détenus entraînent énormément d'infrastructures", détaille Fabrice Guttadauria, avocat d'un gardien. 

Il y a un peu plus d’an, un détenu radicalisé prenait en otage une gardienne a la prison de Mons. Malgré toutes les consignes de sécurité, l’homme a réussi a se confectionner une arme avec un pot de crème en métal.

"Il n'y a jamais de risque zéro pour contrôler les détenus. Il y a toujours un danger et un stress permanent pour les agents pénitentiaires. C'est d'autant plus difficile avec des détenus radicalisés car ils ont le sentiment qu'ils n'ont rien à perdre et que parfois toute discussion est inutile. Pour eux, c'est une source de stress permanente", assure Fabrice Guttadauria, avocat d'un gardien. Certains gardiens nous confient que la pratique du terrain reste la meilleure conseillère.

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