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Dans les 10 ans, 1.000 agriculteurs devraient être expropriés au profit des zonings industriels: "Les plans sur nos terres sont déjà faits"

Les agriculteurs s’en prennent aux zonings industriels. D’ici 10 ans, mille agriculteurs dans notre pays devraient être expropriés au profit des industries. A Jodoigne, une ferme familiale qui tourne très bien va notamment devoir stopper son activité et quitter les lieux puisque le zoning s'agrandit. Un reportage de Benjamin Brone et Anne Lutgen.

Enclavée dans un zoning à la sortie de la localité, la ferme familiale de Nicolas est menacée par un projet d’extension. Ce jeune homme souhaite reprendre l’exploitation de ses parents. Son ambition est d’ouvrir un restaurant dont les produits sont cultivés sur place en agriculture biologique. "Mon papa est quand même passé en bio depuis maintenant 10-15 ans. Donc, déjà la terre s’est elle-même régénérée et on a une qualité de terrain que l’on ne retrouvera pas ailleurs", assure le maraîcher.

Cette exploitation est la plus petite de la localité. Les fruits et légumes sont vendus sur place, sans intermédiaire, dans un esprit paysan de tradition en voie d’extinction."C’est très important. On fait cela depuis trois générations et mon fils va être la quatrième à promouvoir le local et le fait-sur-place", souligne Pierre, son père.

Dans les dix ans, mille cultivateurs wallons devraient être expropriés pour l’extension des zonings. Marie-Laure a déjà connu cela il y a 40 ans dans la région de Liège. Et ce n’est pas fini. L’agrandissement des Hauts-Sarts menace à nouveau sa propriété."Ils ont déjà fait des plans sur nos terres, des projets. Et ils n’ont même pas encore parlé d’argent avec nous. Nous, on dit que l’on n’est pas à vendre", révèle cette agricultrice à Hermée. "Soit ils sont expropriés de l’entièreté à un prix correct avec une proposition d’accès à une terre pas trop loin parce qu’il faut refaire toute sa clientèle. La clientèle ne va pas faire 20 km en plus", indique Vanessa Martin, porte-parole de la fédération des groupements d’agriculteurs.

Pris au piège des usines, des commerces et des autoroutes, les fermiers n’ont souvent d’autre choix que d’arrêter leur activité.

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