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La fermeture des 9 centres d'accueil pour réfugiés inquiète la Croix Rouge: "Si une nouvelle crise arrive, qu'est-ce qu'on va faire ?"

Le gouvernement fédéral vient de décider de fermer les derniers centres d'accueil pour réfugiés qui avaient été mis en place en 2015 lors de la crise migratoire. Sur 9 centres, 5 sont gérés par la Croix Rouge, qui monte au créneau. Pour elle, c'est un non-sens et elle ne sera pas en mesure d'agir lors d'une nouvelle situation d'urgence. Sébastien Prophète et Alain Hougardy se sont rendus dans l'un de ces centres pour le RTL info 13h.

Le centre pour réfugiés de Belgrade, en province de Namur dispose de 300 places. 260 demandeurs d'asile y séjournent en ce moment, encadrés par 35 membres du personnel. Mais d'ici la fin de l'année, le centre va fermer.

"On est fiers de ce qu'on a mis en place pendant deux ans et demi, explique Quentin Courtois, le directeur du centre pour réfugiés de Belgrade. Donc, le sentiment, maintenant, c'est de la tristesse. C'est dur pour moi, pour l'équipe présente ici, et pour toutes les personnes qui sont autour de nous".

Le directeur s'inquiète pour les membres du personnel, mobilisés en urgence en 2015, et qui vont perdre leur emploi. Quant aux demandeurs d'asile, ils vont rejoindre d'autres centres du pays.

"Retrouver la même stabilité autre part, bien sûr, c'est faisable, mais tous les liens qui ont déjà été créés et ce qu'on a construit pendant deux ans et demi va se terminer de façon brutale", ajoute le directeur du centre.

Environ 2.200 demandeurs d'asile occupent pour l'instant les 9 centres concernés par ces fermetures, dont 5 en Wallonie. Il y aura malgré tout suffisamment de place pour les accueillir, selon l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile.


"Il faut un système intelligent"

Constatant une baisse du nombre de demandeurs d'asile, le gouvernement choisit de diminuer le nombre de places, pour réduire les coûts. La Croix Rouge aurait préféré le maintien des structures actuelles pour davantage d'efficacité en cas d'urgence.

Billy Jungling, le directeur du département "Accueil des demandeurs d'asile" de la Croix Rouge de Belgique s'interroge. "Si une nouvelle crise arrive, on va repartir de zéro. Mais en plus de ça, les gens n'auront pas de place. Qu'est-ce qu'on va faire ? Comme il y a 7 ans, on va remettre les gens dans des hôtels ? Qui est-ce qui va dire qu'il y a la paix dans le monde, que les personnes ne vont plus arriver ? Qui est-ce qui va dire que la Turquie ne va pas changer de position ? Je crois qu'il faut avoir un système intelligent", a-t-il déclaré dans le RTL info 13h.

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