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Le procès des hébergeurs de migrants touche à sa fin: "Je me sens soulagée, mais..."

Le procès des hébergeurs de migrants touche à sa fin. Jeudi, les deux magistrats représentant le ministère public ont requis l'acquittement de deux des prévenus, des citoyens belges qui avaient accueilli chez eux des migrants, entre janvier et mai 2017.

"Je me sens tout-à-fait soulagée. J'avais raison d'être sereine et de croire en la justice belge. Il y a quand même encore et toujours cet espèce de doute, car je suis beaucoup moins sereine pour mes deux co-hébergeuses qui d'après moi n'ont rien fait, si ce n'est faire preuve d'humanité", a déclaré Anouk Van Gestel, une hébergeuse, dans le RTL info 13h.

En effet, dans ce dossier figurent également une journaliste et une assistante sociale, qui avaient hébergé chez elles des migrants, mais qui risquent une sanction. Le parquet a demandé de reconnaître la culpabilité de Myriam Berghe et d'une bénévole du Parc Maximilien, estimant que toutes deux avaient apporté une aide à des migrants qui exerçaient une activité de passeur et qui faisaient du trafic d'êtres humains.

"En prêtant son GSM et son ordinateur à Hassan E., madame Berghe a été complice des agissements de ce dernier, lequel a participé à des activités de trafic d'êtres humains", a avancé le ministère public, précisant que celle-ci savait que Hassan E. aidait des migrants à franchir les frontières.

Des passeurs condamnés

Le ministère public a ensuite requis une peine de 20 mois de prison à l'encontre de ce dernier, et des peines d'un an à 40 mois de prison pour sept autres prévenus, suspectés, eux, d'avoir fait du trafic d'êtres humains de manière organisée.

Les deux procureurs ont rappelé qu'il y avait trois catégories de personnes à différencier: les migrants, qui sont des victimes, les "aidants", comme les hébergeurs, et les trafiquants d'êtres humains.

"Ce que nous appelons l'aidant est une personne qui facilite l'entrée, le séjour ou le transit d'une personne en séjour illégal. C'est interdit mais il y a une exception lorsque l'aide est offerte pour des raisons humanitaires. Que les choses soient claires, il n'est nullement ici question pour le parquet de criminaliser les hébergeurs, comme cela a été dit", ont exposé les magistrats.

"Les poursuites judiciaires qui concernent les personnes présentes ici sont uniquement (liées à) des faits de trafic d'êtres humains, donc la troisième catégorie de personnes. Le trafiquant d'êtres humains facilite l'entrée, le séjour ou le transit d'une personne en séjour illégal, en vue d'obtenir un avantage patrimonial", ont-ils affirmé.

Rappel des faits

Le 20 octobre 2017, douze personnes avaient été arrêtées pour soupçons de trafic d'êtres humains. L'opération policière faisait suite à une enquête de téléphonie et à des observations policières sur des parkings autoroutiers, notamment à Wetteren.

Onze personnes comparaissent devant le tribunal et une fait défaut. Le dossier, tout d'abord instruit par le parquet de Termonde, avait ensuite été transféré au parquet de Bruxelles.

Le procès s'est poursuivi vendredi matin avec les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu dans un mois.

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