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Cet abattoir belge utilise une technique très particulière pour l'étourdissement des animaux

Suite aux images de maltraitance de bestiaux dans des abattoirs du sud de la France, vous avez été nombreux à vous indigner. Quelles sont les normes et les procédures d'abattage en Belgique ? Explications avec Sébastien Rosenfeld, Mickael Harvie et Didier Clippe.

Jean-Claude Michel est le responsable qualité d'un abattoir ouvert fin 2007. Ses cochons fermiers bio proviennent de la coopérative des éleveurs de Malmedy et des environs. Dans son abattoir, des installations sont conçues afin de limiter, au maximum, le stress des animaux. Depuis 2009, des règles européennes imposent de s'assurer du bien-être animal.

"A chaque arrivée, nous avons notre responsable de l'abattoir ainsi qu'un vétérinaire qui vient contrôler son travail et voir si les porcs ont bien supporté le voyage. Ils ont à leur disposition une sucette avec de l'eau. Car c'est important, pour leur confort, qu'ils aient toujours à boire. Mais ils restent à jeun. C'est important pour le stress qu'ils soient à jeun jusqu'au moment de l'abattage", explique Jean-Claude Michel.

L'étourdissement des animaux est une obligation

Marc Delhalle travaille, quant à lui, dans les abattoirs depuis 43 ans. Et il sait que la loi interdit de violenter les bêtes : "Par rapport à ce que j'ai vu concernant l'abattoir en France, pour moi ce serait de la prison pour les ouvriers. Car on est de plus en plus sévères au niveau du bien-être animal".

Dans les abattages, l'étourdissement des animaux est une obligation. Cet abattoir utilise une technique très particulière.

"On va les mettre dans un ascenseur qui va descendre dans une fosse. C'est une fosse de cinq mètres qui va permettre de les endormir. C'est comme si vous étiez dans une salle d'opération", explique Jean-Claude Michel.

"On peut gaspiller tout le travail d'un agriculteur"

Pour Jean-Claude, ce qui s'est passé en France est inacceptable sur le plan moral et discrédite la profession : "Ce sont des gens irresponsables . Et je ne comprends pas vraiment leur démarche car de toute façon, leur viande n'est pas bonne. On peut gaspiller tout le travail d'un agriculteur en vingt minutes".

Comme l'explique Jean Sébastien Walhin, porte-parole de l'Afsca, la procédure vise à contrôler la production des abattoirs en Belgique : "Tous les jours, dans chaque abattoir pendant les heures d'ouverture, on a un chargé de mission qui contrôle chaque bête qui va rentrer dans la chaîne d'abattage. En plus de cela, on a les inspecteurs de l'Afsca qui effectuent, au minimum, 4 inspections globales annuelles de l'abattoir. En 2014, on a 98% de ces contrôles qui étaient conformes".

Depuis 2015, le bien-être animal est une compétence régionale. "Je pense que ce que l'on fait en région wallonne tient la route au niveau du contrôle, au niveau des formations qu'on demande aux gens mais c'est certain qu'il faut avoir une attention particulière" explique Bruno Cardinal, responsable du bien-être en région wallonne.

Si les normes sont communes dans les 108 établissements agréés en Belgique, il existe des différences. L'abattoir de Jean-Claude centré sur le bio, gère 50 porcs à l'heure contre 300 dans une structure industrielle. Cela a donc des conséquences sur la qualité du produit, et sur son prix, qui est plus élevé.

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