Pénurie de profs: trois fois plus d’heures de cours PERDUES dans le réseau libre

900 heures de cours perdues fin 2016, 2700 fin 2018. En deux ans, c'est fois trois. La situation s'est aggravée depuis la réforme des titres et fonctions. Le recrutement des enseignants est plus strict et donc la pénurie s'aggrave, surtout dans le réseau libre. La ministre de l'Éducation, Marie-Martine Schyns annonce un changement pour le mois de mars: les démarches administratives pour trouver des remplaçants seront moins lourdes. Ce n'est pas la solution miracle pour les directeurs d'écoles.

Laurence Hubert est la directrice de l’institut Saint-Joseph d’Etterbeek, une école d’enseignement technique et professionnel. Elle estime que la réforme des titres et fonctions est un obstacle plus qu’une aide pour trouver des profs remplaçants.

"Je cherche par exemple des professeurs pour des cours techniques en soudure, et de dessins techniques. Il n’y a pas de candidats et quand j’en trouve, ce sont des papiers et des papiers à remplir", se plaint la directrice.


Des milliers d'heures de cours non données

C’est à Bruxelles et dans le Hainaut surtout que les heures de cours non données sont les plus nombreuses (1000h dans chaque cas). Ce sont des chiffres d’une enquête menée dans le réseau libre avec 80% des écoles qui ont répondu. Ces chiffres n'ont pas d'équivalent dans le réseau officiel.


Amélioration en vue

Heureusement, à partir de mars, il y aura moins de papiers à remplir et on gagnera du temps : au moins trois jours. Il suffira que la fonction fasse partie d’une liste de pénurie sévère en cours d’élaboration mais qui comprend aussi des cours techniques et professionnels. Il s’agit d’une bonne nouvelle mais elle est insuffisante d’après la directrice.

"Il faut revoir en profondeur ce décret titres et fonctions. Il faut arrêter la distinction entre un titre requis et un titre suffisant, ce sont deux titres pédagogiques, donc il ne faut pas les distinguer selon moi. Et après les titres de pénurie, c’est vrai c’est aux professeurs de faire une démarche pour suivre une formation, un CAP ou une agrégation pour avoir le titre requis ou même suffisant. Mais en attendant, je pense que tant qu’on est en pénurie, il faut vraiment geler le décret", considère Laurence Hubert.

Isabelle Agneessens, directrice de l'Institut Sainte Marie à Rèves, parle elle aussi, d'une inquiétante pénurie de professeurs. "J’ai depuis le mois de septembre des classes qui n’ont pas de cours de néerlandais malgré toutes nos recherches. Nous avons dans un premier temps eu des enseignants qui de la rentrée de septembre aux congés de Toussaint ont chacun donné deux heures de plus. Les enseignants de l’école sont partie prenante pour aider puis nous n’avons plus pu poursuivre car ils devaient aussi assurer des remédiations pour les autre élèves. Nous avons alors lancé des recherches via tous les systèmes actuels pour trouver des enseignants", explique-t-elle. 

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