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Les deux fils de Michel ne veulent plus le voir: la maman les a "manipulés", selon lui

 
 

Une pétition a été lancée sur le site officiel de la Chambre pour que "l'aliénation parentale" soit reconnue comme un délit et qu'elle puisse être pénalement sanctionnée. Consciemment ou pas, il arrive de plus en plus souvent, en cas de séparation, que l'un des parents "retourne" les enfants contre l'autre. Alors, faut-il légiférer ?

Les deux garçons de Michel, un habitant d'Incourt (province du Brabant wallon), sont aujourd'hui deux jeunes hommes de 20 et 22 ans. Tous deux ne veulent plus voir leur papa. Michel ne les a plus vus depuis 8 ans. "Ça me blesse énormément. Oui, je fonds en larmes. C'est normal, ils me manquent."

Quand Michell se sépare de leur mère, les enfants n'ont que 4 et 6 ans. Ils ne les voient pas depuis plusieurs années en raison de la manipulation de son ex-compagne, dit-il. "Dénigrement au fil du temps et mensonges à répétition", selon lui. "Son combat a été d'essayer de m'évincer. Elle y est parvenue. Mes enfants, je ne les vois plus et ils sont totalement désinformés. Ils vivent sans un père et avec une image qui n'est pas la bonne", raconte Michel

L'alinéation parentale, est "le processus qui consiste à programmer un enfant pour qu'il haïsse un de ses parents sans que ce ne soit justifié", selon le portail officiel de l'aide à la jeunesse. Une situation que rencontre souvent Marie-France Carlier. Elle est juge de la famille et de la jeunesse au tribunal de première instance de Namur: "Ce qui est vraiment important, c'est qu'on ne bloque pas la situation par des sanctions pénales en renforçant l'idée que ce parent est mauvais. En plus il envoie le 'bon parent proche' en prison, ça va renforcer l'enfant dans l'idée que c'est vraiment un mauvais parent. "

C'est important de montrer que je suis toujours-là pour eux

Que l'alinéation parentale devienne un délit punissable par la loi. C'est la volonté d'une pétition lancée par un habitant de la province du Luxembourg.

Pour la juge Marie-France Carlier, il faut plutôt lutter contre le non-respect de la garde alternée et privilégier tant que possible la médiation. "Il faut les aider à sortir de ces émotions-là et prendre du recul par rapport à leurs propres difficultés d'accepter cette séparation, et ne pas se servir des enfants comme otages de la séparation", explique la magistrate. 

Michel dit avoir essayé la médiation, mais en vain. Désormais majeurs, ses deux enfants ne donnent pas suite à ses tentatives de rapprochement. "C'est important de montrer que je suis toujours-là pour eux, de leur dire que cette situation ils n'en sont pas responsables."

En avril, Michel enverra un message au plus jeune pour son anniversaire. Il croise les doigts et espère un signe en retour.


 

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