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"Pourquoi le peuple belge se retourne contre le peuple russe?": Elena, russe et wallonne, dénonce des actes de haine

 
UKRAINE
 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, certains Russes résidant en Belgique subissent certaines remarques désobligeantes. Elena Bourenina, Belgo-Russe, vit à Walcourt. La professeure de chant de 37 ans a peur que la Belgique devienne un pays russophobe. Elena, qui vit en Belgique depuis l'âge de 10 ans, dit constater des actes hostiles envers les Russes de la part de Belges. Elle a donné un exemple sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche pour appuyer ses dires.

"J'ai une connaissance russe qui a un nom de famille russe. Cette personne a reçu des menaces sur Instagram uniquement parce qu'elle est Russe", affirme la trentenaire.

Cette dernière comprend "que l'on soit contre Poutine aujourd'hui" et pense qu'on n'a plus le droit de dire qu'on est "pour Poutine", mais "recevoir des menaces ou saccager des voitures ou des façades" de personnes russes est inacceptable. "On a des témoignages tous les jours", prétend l'habitante de Walcourt.

"Pourquoi le peuple se retourne contre le peuple russe qui n'a rien demandé? Les Russes sont aujourd'hui en première ligne contre la guerre. En Belgique, Russes et Ukrainiens, nous sommes toujours amis. On se soutient. Nous avons des amis qui vivent des drames en ce moment avec de la famille coincée en Ukraine", lance-t-elle. La Wallonne affirme que de plus en plus de personnes autour d'elle ont peur de parler russe.

La culture russe

La peur d'Elena est qu'on touche à la culture russe qui "n'a rien à voir avec la guerre". La mise à l'écart qui frappe plusieurs artistes russes en Occident depuis l'invasion de l'Ukraine, dont la soprano superstar Anna Netrebko, relance le débat sur le bien-fondé et l'impact des boycotts culturels.

En deux semaines seulement, en Europe et aux Etats-Unis, les déprogrammations d'artistes et de compagnies russes sur les scènes new-yorkaise, londonienne, allemande, italienne, française ou polonaise, font surgir pour les arts russes la menace d'un isolement culturel.

Du jamais-vu pour Moscou, même au plus fort de la Guerre froide. Anna Netrebko, critiquée pour sa complaisance supposée envers le président Vladimir Poutine, a quitté le 3 mars le Metropolitan Opera de New York où elle devait se produire au printemps et à la saison prochaine. 

Le chef d'orchestre Valery Gergiev, proche du Kremlin, a été limogé le 1er mars de la direction de l'Orchestre philharmonique de Munich. Dernière victime en date: le chef d'orchestre Pavel Sorokin a été écarté lundi du Royal Opera House de Londres. À Paris, la Philharmonie va annuler la venue d'artistes ayant eu des positions favorables à M. Poutine.

Même si les conséquences de ces mises à l'écart sont pour l'instant difficile à évaluer, elles rappellent les mouvements internationaux contre l'apartheid en Afrique du Sud et Israël dans les Territoires palestiniens occupés (Boycott, désinvestissement, sanctions - BDS). Dans ces deux cas, des artistes étaient visés ou sommés de prendre position contre ces Etats.


 

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