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Yémen: exposition sur la guerre dans la capitale aux mains des rebelles

Inaugurée par des dirigeants de la rébellion yéménite, une exposition propose depuis samedi dans la capitale Sanaa plus de 100 tableaux présentés comme une illustration des souffrances de la population dans ce pays épuisé par quatre ans de guerre.

La galerie ultramoderne où sont exposés ces tableaux contraste avec l'environnement général dans la ville aux mains des rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, qui subit fréquemment des bombardements d'une coalition militaire progouvernementale menée par l'Arabie saoudite.

Les tableaux d'un style naïf ou réaliste représentent des destructions et beaucoup d'enfants, certains en pleurs.

"C'est un message envoyé à l'humanité entière", résume Akram Yahya Baker qui dirige une ONG, la Fondation du peuple pour le développement, considérée comme proche des rebelles.

Fouad Naji, un amateur d'art, voit dans l'exposition un "signe de résistance en dépit des blessures et du blocus", imposé aux régions tenues par les rebelles par la coalition dirigée par Ryad.

Une jeune peintre, Houaïda al-Kabsi, dit exposer trois tableaux et préférer celui représentant un "enfant qui pleure".

L'exposition, qui dure une semaine, est le résultat d'un atelier lancé début 2018 et qui a consisté à emmener les artistes sur des lieux de bombardements à Sanaa pour les inspirer, selon les organisateurs.

Certains artistes ont été conduits aussi dans la ville portuaire de Hodeida (ouest), en ligne de mire d'une offensive anti-rebelles, où il ont réalisé une fresque murale, selon les mêmes sources.

La guerre au Yémen a éclaté quand les Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme) très présente dans le nord, sont entrés dans la capitale Sanaa en septembre 2014.

Ils se sont progressivement emparés de vastes régions du pays, provoquant en 2015 l'intervention de la coalition sous commandement saoudien.

Le conflit a fait quelque 10.000 morts, en majorité des civils, et plus de 56.000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé, mais le bilan réel des victimes est certainement très supérieur, selon des responsables humanitaires.

Trois Yéménites sur quatre ont besoin d'aide et des régions entières sont menacées par la famine, selon l'ONU.

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