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Test Samsung Q950TS: que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Les tests de Mathieu: que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?
 
Les tests de Mathieu
 

Elle coûte 6.000 euros, a un design époustouflant et affiche une résolution de 32 millions de pixels. La dernière télévision haut de gamme de Samsung en met plein les yeux, mais la 8K qu'elle promet a-t-elle du sens alors que les contenus d'une telle définition sont quasiment inexistants ?

Vous l'avez remarqué: la taille des écrans n'arrête pas de croître. A part les tablettes et les ordinateurs portables, toutes les autres diagonales ont tendance à grandir au fil des ans: smartphone, moniteur PC et forcément, les télévisions.

Sur ces dernières, les dimensions atteignent désormais souvent 65, 75 voire 85 pouces sur le haut de gamme, soit 165, 190 voire 215 cm de diagonale ! Gigantesque pour la plupart des maisons belges, qui ont rarement des salons ou des chambres de 50 mètres carrés…

Pourquoi une telle diagonale ? Il y a cette tendance de fonds dans l'électronique grand public qui impose du "toujours plus grand, toujours plus puissant". Ça permet aux fabricants de continuer à faire travailler leurs ingénieurs, à remplir les rayons de "nouveautés". Cependant, une TV de 2 mètres de diagonale doit s'adapter pour ne pas afficher une bouillie de pixels. D'où l'arrivée de la 8K.

32 millions de pixels !

La 8K prétend remplacer la 4K. On parle ici de définition d'écran, du nombre de pixels qui composent la dalle. Si vous avez plus de 30 ans, votre premier écran d'ordinateur affichait sans doute 640 x 480 pixels. Avec la 8K, on est à environ 8.000 x 4.000 pixels. Soit 32 millions de minuscules "ampoules" allumée dans telle ou telle couleur par le rétroéclairage de votre télévision.

Magnifique, me direz-vous ! Sauf que beaucoup de maisons sont équipées de télévision… Full HD (donc 2K, soit 1920 x 1080 pixels). Si vous avez acheté une TV ces dernières années, elle est sans doute 4K, sans que vous le sachiez.

Cela vous importe peu car la grande majorité des contenus disponibles sur une TV ne sont pas en 4K. Que ce soit votre décodeur pour la télévision, votre DVD (qui lui se contente encore de la HD, soit généralement 720 x 480 pixels), votre Blu-ray, votre console de jeux: la qualité de l'image est, au mieux, en Full HD.

Alors pourquoi s'encombrer d'une télévision 8K, soit permet d'afficher 16 fois plus de pixels et de détails ?


(© Samsung)

La QLED de Samsung

Pour tenter de répondre à cette question, j'ai essayé le dernier fleuron de Samsung, la gamme QLED 2020. Prix de base du Q950TS de 65" qui a transformé ma chambre durant deux semaines en salle de cinéma: 5.999€. Autant dire que vous ne l'achèterez sans doute jamais, d'autant plus que les sources en 8K sont quasiment inexistantes pour l'instant (les blockbusters made in USA commencent seulement à être tournés dans cette définition).

Face aux magnifiques écran OLED fabriqués principalement par LG Display, Samsung a du chercher très longtemps avant de trouver une parade qui fonctionne. Car il faut dire que rivaliser avec les noirs complètement noirs de l’OLED, et ses couleurs très vives, ce n’est pas une mince affaire. Mais la différence est presque comblée: les écrans Samsung parviennent dans la plus grande partie des cas à “éteindre” les zones noires. Grâce notamment à la répartition en 480 zones de la lumière, de la justesse de la colorimétrie et du filtre antireflet diablement efficace (améliore les angles de vision et diminue l'effet de halo des zones lumineuses lors des scènes sombres).

Tout n’est pas cependant pas au niveau de ce que j'ai déjà pu constater avec l'OLED de LG. J’ai pu observer ça et là quelques zones grises résiduelles, dans les coins. Et pour les sous-titres (très blancs) sur fonds noirs, cela provoque quelques petits problèmes de contraste automatique, surtout en mode ‘cinéma’. Quand un sous-titre apparaît, la luminosité générale de l'image diminue très légèrement, mais ça se remarque.

Une mise à l'échelle brillante: la 4K devient 8K

Avec une source en 4K, j'ai essayé le mode par défaut, baptisé "intelligent". Et là, les défauts dont je parle s'envolent. Les problèmes des sous-titres n'existent plus, et l'image est d'une incroyable netteté. Mais ce n'est pas forcément ce qu'on cherche quand on regarde un film ou une série. On cherche davantage une image "cinéma", et pas une image d'une précision chirurgicale. J'ai regardé quelques scènes de Black Panther et j'avais un peu trop l'impression de regarder un documentaire sur la savane et ses anciennes tribus. Le sentiment est étonnant: c'est magnifique, mais un peu trop magnifique.

On touche à l'une des prouesses de Samsung: les algorithmes d'amélioration de l'image via le processeur Quantum 8K intégré. Aidé par l'intelligence artificielle, il est même appelé à s'améliorer au fil du temps: l'upscaling (mise à l'échelle) est déjà performant, et il devrait l'être encore plus au fil des mises à jour. Notez que cela fonctionne très bien pour des contenus 4K -> 8K: l'image est très détaillée, même lorsqu'on s'approche de l'écran. Mais il n'y a pas de miracle sur les contenus Full HD ou de moins bonne qualité.

Dès lors, le seul avantage d'une (très bonne) TV 8K en 2020, c'est le suivant: si l'upscaling est assez efficace, et si la source initiale de l'image est suffisamment bonne, vous pouvez effectivement avoir un écran géant et le regarder à une distance de 2 ou 3 mètres sans voir la moindre bouillie de pixels. Et ça, avouons-le, c'est assez impressionnant, et c'est du vrai home-cinéma…

Un design époustouflant

Impossible de ne pas évoquer le design incroyable de la série Q950TS de Samsung, disponible en 65, 75 et 85 pouces. L’entreprise a sans doute signé le plus beau design de téléviseur de l’année, voire des prochaines années. Difficile de faire mieux que cet équilibre parfait: un pavé de 1,5 cm d’épaisseur, aux angles acérés, et dont les tranches sont finement trouées ; une face avant pratiquement sans bord (Samsung parle d’Infinity Display, comme sur ses smartphones, et il a raison), le tout monté sur un pied discret qui donne l’impression que l’écran flotte… Je m’extasie rarement devant une TV, mais là…


 
 

Tout cela est rendu possible par le déplacement de la connectique et d’une partie de l’électronique dans un gros boitier de la taille d’un décodeur, baptisé “One connect”. Il n’est relié au téléviseur que par un câble unique et assez discret (blanc/transparent), de quelques millimètres d’épaisseur. 

Quant à la partie audio, malgré l'épaisseur de seulement 1,5 cm, on a une multitude de haut-parleurs dans le dos qui, s'ils ne remplaceront jamais une barre de son, s'en sortent vraiment pas mal, surtout au niveau des voix.

Je ne dirais pas que le design et l'audio justifient le prix de 6.000 euros, mais presque…


 
 
 
 

 




 

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