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Couche d'ozone: des signes de violations du traité interdisant les CFC

Couche d'ozone: des signes de violations du traité interdisant les CFC
Image fournie par la Nasa le 2 octobre 2011 d'ozone à environ 20 km d'altitude, près du sommet de la couche d'ozone dans la basse stratosphère-

Le déclin dans l'atmosphère d'un gaz attaquant la couche d'ozone s'est largement ralenti, laissant supposer de graves violations du traité international qui le bannit, selon une étude.

Les mesures de ce produit appelé CFC-11, effectuées sur des sites isolés, dont l'Observatoire Maura Loa à Hawaï, montrent que la source de cette nouvelle pollution pourrait venir d'Asie de l'Est.

"Le taux de diminution dans l'atmosphère du CFC-11 a été constant de 2002 à 2012, et a ralenti d'environ 50% après 2012", explique l'étude publiée mercredi dans la revue Nature. "Les preuves suggèrent fortement des émissions de CFC-11 en hausse dans l'est de l'Asie après 2012".

En 1987, un accord international, le Protocole de Montréal, avait été signé pour supprimer progressivement les gaz CFC (utilisés dans la réfrigération et les aérosols), responsables du fameux "trou" dans cette couche gazeuse protégeant la Terre de rayons qui provoquent cancers de la peau, dégâts oculaires et immunitaires.

Au maximum de son déclin, à la fin du XXe siècle, la couche d'ozone avait diminué d'environ 5%. Aujourd'hui, le "trou" au dessus du pôle sud montre des signes clairs de rétablissement.

"La couche d'ozone reste sur la bonne voie pour un rétablissement d'ici le milieu du siècle", a réagi le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans un communiqué.

"Mais l'augmentation continue d'émissions mondiales de CFC-11 va mettre ces progrès en danger", a-t-il ajouté, appelant à "identifier les causes de ces émissions et à prendre les actions nécessaires".

Le ralentissement de la baisse du CFC-11 a également des implications pour la lutte contre le changement climatique, les CFC étant bien plus puissants que le CO2 ou le méthane comme gaz à effet de serre.

Il y a 20 ans, les CFC, largement utilisés dans les années 1970 et 1980, et qui n'existent pas dans la nature, représentaient environ 10% du réchauffement climatique lié à l'homme.

"C'est la première fois que les émissions de l'un des trois CFC les plus présents et les plus durables ont augmenté pendant une période prolongée depuis que les contrôles de la production ont été mis en place dans les années 1980", note l'étude.

Selon les chercheurs, le ralentissement du déclin du CFC-11 pourrait empêcher l'ozone de retrouver ses niveaux normaux, ou moins rapidement qu'espéré.

Au début de l'année, une autre étude avait montré, de façon inattendue, que la couche d'ozone de la partie inférieure de la stratosphère déclinait au-dessus des régions les plus peuplées de la planète.

Elle pointait du doigt deux possibles responsables de cette détérioration: le réchauffement climatique ou les VSLS (very-short-lived susbtances), gaz à très courte durée de vie utilisés comme solvants, décapants pour peinture ou dégraissants.

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