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Comprendre le cancer: "Si on truque le dé, ce ne sera plus une chance sur six"

La grande soirée de clôture du Télévie aura lieu samedi. L'occasion de faire un état des lieux du cancer aujourd'hui. Les cas de cancers augmentent, mais ils sont mieux soignés et les patient acceptent plus facilement la maladie. Reportage de Jimmy Méo avec Steve Daman et Pierre Haelterman.

De plus en plus de Belges sont concernés, de près ou de loin, par le cancer. Mais, en 2015, leur vision de la maladie n'est pas très optimiste comme a pu le constater Paolo alors qu'il était atteint d'un cancer des ganglions. "On vous parle comme à un demeuré, comme si vous étidez déjà entre quatre planches. Certaines personnes vous enterrent alors que vous, vous faites tout pour vous en sortir", dit-il. "C'est vrai, pour moi, cancer rime avec la mort, vu que ma grand-mère est partie de ça", raconte une jeune femme, venant faire écho aux propos de Paolo.

Le cancer reste-t-il toujours une maladie fatale ou est-il devenu une maladie banale aux yeux des Belges ? En fait, ni l'un ni l'autre, mais son image a du mal à s'adoucir. Les Belges le craignent. Pire, les malades culpabilisent. "Les questions qu'on nous pose le plus souvent sont 'Mais qu'est-ce que j'ai fait, il y a quelque chose que j'ai mangé ou...' En fait non, il n'y a pas de réelle cause. Mais, bien sûr, on peut aggraver les causes. Si on joue au dé, il y a une chance sur six que vous ayez l'as. Mais si on truque le dé, ce ne sera plus une chance sur six", explique Christian Chatelain, chef de clinique à l'hôpital de Mont-Godinne.

Dans les causes de décès, les maladies cardio-vasculaires reculent grâce à une amélioration de l'hygiène de vie. Le cancer, lui, progresse. Mais c'est surtout dû au vieillissement de la population. "Une personne sur deux sera touchée demain. Mais une grande partie sera guérie par la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie, car on diagnostique beaucoup plus tôt les cancers. Pour d'autres, on va pouvoir leur donner un sursis et transformer leur cancer en maladie chronique" rassure Dominique Bron, chef du service d'hématologie de l'institut Jules Bordet.

"Quand j'étais petit, il y avait 0% de survie dans les cas de leucémie aigüe. Actuellement, chez les enfants, plus de 95% de survie", s'enorgueillit Christian Chatelain.

Avec 60.000 nouveaux cas chaque année, des chiffres en augmentation, le cancer est aujourd'hui un réel problème de société. Mais il est moins tabou qu'auparavant. "Le mot cancer a perdu beaucoup de ses aspects tabous parce que l'on voit aujourd'hui des gens qui vous disent Oui, j'ai eu un cancer, il y a trois ans, il y a cinq ans, il y a dix ans, et j'en suis guéri", observe Arsène Burny, président de la commission Télévie du FNRS

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