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Au large de Marseille, des contrôles pour plus de sécurité en mer

Au large de Marseille, des contrôles pour plus de sécurité en mer
Des membres de l'Unité littorale des affaires maritimes contrôlent un yacht au large de Marseille, le 20 août 2019 dans le sud-est de la FranceChristophe SIMON

"Monsieur, vous n'avez pas le droit de naviguer ici !" : en mer aussi, les autorités multiplient les contrôles de paddles, bateaux de plaisance ou encore jet-skis, pour faire respecter les règles de bonne conduite.

Dans le parc national des Calanques, aux portes de Marseille, les règles de navigation sont strictes, et les services de l’Etat organisent une opération "Sécurité mer" pour sensibiliser les plaisanciers et pratiquants de loisirs nautiques à la sécurité.

Dans cet espace naturel préservé, les agents de l'Unité littorale des affaires maritimes (ULAM) viennent de repérer un jet-ski, alors qu'ils sont interdits. L'extincteur du pilote est périmé depuis 2009 et, en plus celui-ci n'a pas sa carte grise avec lui. Trois infractions au total.

Mais pour cette fois, ça passe. "L'objectif aujourd'hui, c'est de faire de la prévention sur la sécurité en mer", indique à l'AFP Emmanuelle Maffeo, cheffe du pôle maritime à la Direction départementale des territoires et de la mer. "En général, les plaisanciers sont très à l'écoute des informations qu'on leur donne, d'autant qu'on fait plus de pédagogie que de répression".

Au pilote pris en faute, et à son passager, Mme Maffeo explique les risques de la pratique du jet-ski : "S'il y a un accident, de plus en plus de personnes expulsées du jet-ski reçoivent le jet de refroidissement, ce qui peut provoquer des incontinences à vie ou la stérilité".

Elle leur rappelle le numéro à composer en cas de problème en mer : le 196. Il permet de contacter directement le centre régional de surveillance et de sauvetage (CROSS).

Ils écoutent, remercient des conseils et s'éloignent de la zone interdite. Tous ne s'en tirent pas à si bon compte. A l'entrée du parc national, au cap Croisette, le passage est étroit, une dizaine de mètres, et la mer réverbère le soleil. Les kayaks et plongeurs profitent de la tranquillité des eaux.

Un bateau de plaisance fonce vers Marseille. Sa vitesse : 20 nœuds pour 5 nœuds autorisés. Claude, le conducteur du bateau semi-rigide de l'unité littorale des affaires maritimes (ULAM), fait vrombir le moteur et stoppe le plaisancier.

- Excès de vitesse -

"Monsieur, arrêtez-vous! Vous êtes en excès de vitesse", tonne son collègue Dominique. Le vacancier obtempère et affirme qu'il ne connaissait pas la limite autorisée. Il aura une suspension de son permis bateau.

En période estivale, Claude et Dominique, les agents, vont en mer au moins trois fois par semaine. Ils doivent être au courant de toutes les réglementations, "y compris pour tous les nouveaux engins qui se créent", souligne Mme Maffeo.

Au cours d'une journée de sensibilisation, 85 contrôles ont été effectués par les autorités maritimes, dont 65 dans la bande des 300 mètres, celle où se concentrent tous les usages de la mer et où la vitesse est limitée à 5 nœuds.

Le retour d'expérience montre qu'une bonne application des règles de sécurité aurait pu éviter la plupart des accidents mortels survenus en 2018, 29 en Méditerranée, selon la préfecture maritime. En 2018, le CROSS est intervenu 468 fois dans les Bouches-du-Rhône. En Méditerranée, 67% des interventions ont eu lieu pendant la saison estivale et concernaient la plaisance pour 79% des cas.

Les motifs des interventions invoqués par le CROSS sont principalement l'inexpérience, l'incapacité à manœuvrer, à se repérer en mer et le manque d'anticipation des changements météorologiques.

Delphine a loué un bateau pour ses vacances en famille. Elle voit d'un très bon œil ces actions de sensibilisation. "Il faut faire attention pour soi-même et pour les autres, pour ne pas mettre en péril les secouristes qui viennent justement aider les plaisanciers qui ne font attention à rien, qui louent avec n'importe qui et qui se retrouvent en difficulté", estime-t-elle.

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