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Budget: le déficit de l'État attendu en hausse en 2019 à 98,7 milliards d'euros

Budget: le déficit de l'État attendu en hausse en 2019 à 98,7 milliards d'euros
Vue aérienne du ministère de l'Économie et des Finances à Bercy à Paris, le 14 juillet 2017JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Le déficit de l'État va se creuser de 16,4 milliards d'euros en 2019 en raison des baisses d'impôts prévues dans le projet de budget et de réformes qui auront des "effets ponctuels" sur les comptes publics, a annoncé Bercy lundi.

Selon les chiffres publiés dans le projet de loi de finances, le déficit du budget de l'État - l'une des trois composantes du déficit public avec ceux de la Sécurité sociale et des collectivités locales - devrait atteindre 98,7 milliards d'euros l'an prochain.

Cela représente une hausse sensible par rapport au déficit 2018, attendu à 81,3 milliards d'euros -- un chiffre en amélioration de 4,4 milliards d'euros par rapport à l'hypothèse initiale de l'exécutif (85,7 milliards).

Selon Bercy, cette évolution s'explique notamment par les baisses d'impôts décidées par le gouvernement. "C'est l'État qui va faire l'essentiel de l'effort", a expliqué le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors d'une conférence de presse.

Les dépenses nettes de l'État devraient ainsi atteindre 390,8 milliards d'euros, contre 386,8 milliards en 2018, avec une légère hausse du prélèvement sur recettes au profit de l'Union européenne (21,5 milliards contre 20,6 milliards l'an dernier).

Les recettes nettes devraient passer de 306,3 milliards à 291,4 milliards d'euros, avec une baisse notable des rentrées liées à l'impôt sur le revenu (70,5 milliards après 73,1 milliards cette année) et à la TVA (130,3 milliard au lieu de 157 milliards).

Cette forte baisse est liée aux "nouveaux rapports" entretenus entre "l'État et la sécurité sociale", le premier devant transférer une partie de ses recettes vers le second, mais aussi par des mesures fiscales qui auront des "effets ponctuels", a détaillé Gérald Darmanin.

Selon Bercy, le déficit de l'État sera ainsi grevé temporairement à hauteur de "26 milliards d'euros" par la transformation du CICE en baisse de charges, qui impliquera une double comptabilité pour l'État en 2019, contraint de supporter simultanément le remboursement du CICE pour 2018 et la baisse de cotisations pour 2019, et par la mise en place du prélèvement à la source, qui induit un décalage d'un mois des encaissements d'impôt sur le revenu.

L'ensemble du déficit public, englobant celui de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, est attendu pour sa part à 2,8% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, contre 2,6% cette année.

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