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Coronavirus: le G7 et banques centrales s'efforcent de rassurer

 
 

Les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 s'efforçaient de rassurer entreprises et marchés, promettant de "tout faire" pour endiguer l'impact du coronavirus, avant un entretien téléphone mardi pour coordonner leur action.

L'épidémie du virus Covid-19 paralyse une partie de l'économie de dizaines de pays touchés, principalement la Chine, entraînant fermetures d'usines, d'écoles, annulations de vols ou de conférences et salons, entre autres.

Selon l'OCDE, la croissance mondiale ne devrait pas dépasser 2,4% cette année alors que l'organisation internationale tablait encore sur 2,9% avant l'épidémie, ce qui était déjà le plus faible niveau depuis la crise financière de 2008-2009.

Pour tenter de rassurer, les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 s'entretiendront mardi par téléphone, afin de coordonner leur action. Selon le département américain au Trésor, cette réunion aura lieu à 12H00 GMT.

Les responsables des pays concernés multiplient les déclarations depuis plusieurs jours pour calmer les marchés, qui ont dévissé la semaine dernière.

Lundi soir, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a fait savoir qu'elle était "prête à prendre les mesures appropriées". Le conseil des gouverneurs en discutera "le 12 mars", lors de sa traditionnelle réunion de politique monétaire, selon une source proche de la BCE.

Mardi, c'est le gouverneur Mark Carney qui assurait que la Banque d'Angleterre prendrait "toutes les mesures nécessaires" pour soutenir l'activité du Royaume-Uni face à l'impact du virus, dans la foulée de propos similaires du chancelier de l'Echiquier britannique.

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) avait déjà assuré vendredi que l'institution se tenait prête à intervenir si nécessaire.

- Quelles mesures ? -

Mardi, le nombre de cas de contaminations s'élevait à 90.914 dans le monde, dont 80.151 pour la seule Chine, dans 76 pays et territoires, selon un bilan établi par l'AFP. Plus de 3.000 personnes ont succombé au virus, essentiellement en Chine.

Dans ce contexte singulier, puisque les banques centrales réagissent d'ordinaire aux crises financières plutôt qu'à une épidémie aux conséquences incertaines, les analystes envisagent plusieurs hypothèses: nouvelle baisse du taux appliqué aux dépôts des banques, augmentation du rythme mensuel des rachats d'actifs repris en novembre, prêts géants aux banques à des conditions très favorables.

Après la baisse la plus violente depuis la crise financière de 2008 des bourses occidentales la semaine dernière, les marchés s'attendent désormais à ce que les banques centrales montent au créneau.

Wall Street a d'ailleurs spectaculairement rebondi lundi soir, le Dow Jones finissant en hausse de 5,09%. Et si la tendance était mitigée mardi sur les Bourses asiatiques, les places européennes étaient en forte progression, gagnant entre 2 et 3%.

La Banque des règlements internationaux (BRI) - la banque centrale des banques centrales - estime que le système financier est plus solide qu'en 2008, mais avertit que les espoirs de reprise rapide sont désormais "grossièrement irréalistes".

- Une économie mondiale déjà fragile -

Car la Chine, moteur de l'économie mondiale, verra sa croissance ramenée à 4,9% cette année, si l'épidémie y atteint son pic avant fin mars. Et elle entraînera dans son sillage toutes les grandes économies, avertit l'OCDE, avec une croissance japonaise ramenée à 0,2% et une croissance américaine à 1,9%.

Pour la zone euro, la croissance plafonnera à 0,8%, et à 0,9% pour la France, tandis qu'elle sera nulle en Italie, principal foyer de Covid-19 en Europe. Le PIB allemand n'augmentera plus que de 0,3%.

La Chine héberge aujourd'hui plus de 20% de l'industrie mondiale, contre moins de 8% en 2002, un an avant l'épidémie de SRAS, tandis que sa part dans le PIB mondial est passée de 6% à plus de 16%.

Le coronavirus frappe au moment où la croissance mondiale se trouve déjà affaiblie par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Malgré l'accord trouvé au mois de janvier par les deux premières économies de la planète, "les droits de douane entre les deux pays demeurent nettement plus élevés qu'il y a deux ans", relève l'OCDE.

Sans compter d'autres chocs persistants comme celui du Brexit pour l'économie britannique et européenne.

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