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En "grève du zèle", les douaniers obtiennent une enveloppe de 14 millions d'euros

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Les douaniers français en grève du zèle depuis dix joursDENIS CHARLET

Le gouvernement a proposé mardi un coup de pouce de 14 millions d'euros pour la rémunération des douaniers, en "grève du zèle" depuis dix jours pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail à l'approche du Brexit.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a "fait une proposition" portant sur "une enveloppe globale de 14 millions d'euros", a annoncé à la presse le directeur général des douanes, Rodolphe Gintz, à l'issue d'une réunion de près de quatre heures avec les syndicats des douaniers.

"C'est un effort budgétaire important", a ajouté M. Gintz, en précisant que la question de la répartition de cette enveloppe n'avait à ce stade pas été évoquée. Si la proposition est acceptée, elle se verra "sur la feuille de paye" des douaniers "à partir du 1er juillet", a insisté le responsable des douanes.

Les douaniers ont lancé début mars une "grève du zèle", à l'appel d'une intersyndicale CFDT, CGT, Solidaires, Unsa et USD-FO, pour réclamer une augmentation de leur allocation complémentaire, une hausse des effectifs et l'octroi de moyens supplémentaires afin de faire face au Brexit.

Ce mouvement, qui se traduit par des contrôles "plus poussés" et donc plus longs sur les camions ou les trains en partance pour le Royaume-Uni, a entraîné de nombreuses perturbations dans les transports, notamment dans les ports de Calais et Dunkerque et sur les trains Eurostar.

"Le ministre a entendu les questions, les inquiétudes", a assuré lors de la conférence de presse Rodolphe Gintz, assurant que l'enveloppe de 14 millions d'euros serait financée sur le budget de Bercy, via des économies équivalentes. "On ne va pas demander un effort supplémentaire aux Français", a-t-il ajouté.

Lors de la rencontre avec les syndicats, la question des conditions de travail a également été abordée. Une nouvelle rencontre a été proposée aux syndicats sur le sujet, "avec là aussi un horizon relativement court", a précisé M. Gintz, évoquant "le mois de juin".

- perturbations sur l'A16 -

Ces annonces ont été accueillies plutôt favorablement par les syndicats, qui réclamaient cette rencontre depuis plusieurs jours. "La réunion s'est déroulée mieux qu'imaginé, puisque Gérald Darmanin est arrivé avec des propositions", a réagi auprès de l'AFP Vincent Thomazo, secrétaire général UNSA-Douanes.

"Nous allons effectuer un retour vers nos agents", a-t-il précisé. "A l'heure qu'il est je n'ai aucune idée de la réponse qui sera donnée: ce sont les agents qui vont décider de poursuivre le mouvement ou non une fois qu'ils seront informés du contenu. Ce n'est pas nous qui leur donnons des instructions."

Une position relayée par Morvan Burel, co-secrétaire général Solidaires-Douanes. La grève du zèle "est un mouvement à caractère spontané et porté par les agents. On se retourne donc vers eux avec les propositions", a expliqué le responsable syndical.

Un doute persistait notamment sur le détail des 14 millions d'euros promis par Bercy. "On n'a pas discuté comment ça peut être réparti. Est-ce que c'est réparti par grade, est ce que c'est réparti par branche? Il faut vraiment voir", a jugé David-Olivier Caron, secrétaire général de la CFDT Douanes.

Dans l'attente d'une décision, le mouvement de grève continuait mardi à entraîner des perturbations, notamment sur l'A16, en amont du tunnel sous la Manche, où une file de de poids lourds longue de trois kilomètres était encore présente, selon un correspondant de l'AFP.

Des "retards importants" étaient par ailleurs signalés par Eurostar sur ses liaisons entre Paris et Londres.

Ces perturbations interviennent alors que l'incertitude reste totale sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, censée intervenir le 29 mars, et qui fait craindre une pagaille en France en raison du retour des contrôles douaniers aux frontières.

"Cette nouvelle frontière, vous comme moi ne savons pas exactement quand elle va se créer, ni dans quelles conditions". Mais "nous serons prêts", a assuré M. Gintz, en rappelant que 700 recrutements avaient été engagés ces derniers mois par les services douaniers.

Un chiffre que le gouvernement s'est engagé à adapter, le cas échéant. "Si d'aventure nous nous rendons compte que nous devons faire évoluer ces efectifs, ils évolueront, dans un sens comme dans l'autre", a assuré le directeur des Douanes.

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