Gazprom veut rompre son contrat avec l'Ukraine 

Gazprom veut rompre son contrat avec l'Ukraine 
Quelques heures après la décision de la Cour d'arbitrage de Stockholm, Gazprom avait annulé la reprise de ses livraisons de gaz à l'UkraineERIC PIERMONT
Russie

Le géant russe Gazprom a annoncé vendredi vouloir obtenir devant une cour d'arbitrage internationale la rupture de son contrat avec l'Ukraine, à qui il a refusé de reprendre ses livraisons de gaz cette semaine, en pleine vague de froid.

"Gazprom est contraint de lancer immédiatement, devant la Cour d'arbitrage de Stockholm, la procédure de rupture de ses contrats avec (l'opérateur ukrainien) Naftogaz encadrant ses livraisons et le transit du gaz", a déclaré le directeur général de Gazprom Alexeï Miller, cité par les agences russes.

Signé en 2009 et valide jusqu'en 2019, le contrat en vigueur régit les livraisons de gaz russe à l'Ukraine et le transit par le territoire ukrainien du gaz russe destiné aux pays européens.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'autorités pro-européennes à Kiev début 2014, il a fait l'objet d'une longue procédure devant la Cour de Stockholm qui s'est achevée mercredi par une révision de ses modalités et une condamnation pour Gazprom de verser 2,5 milliards de dollars à Naftogaz.

"Les arbitres ont motivé leur décision par la forte dégradation de l'économie ukrainienne. Nous sommes opposés au fait que les problèmes économiques de l'Ukraine soient résolus à nos dépens", a justifié Alexeï Miller.

"La prolongation des contrats n'est donc pas opportune ni intéressante financièrement pour Gazprom", a-t-il ajouté.

De son côté, Naftogaz a indiqué n'avoir reçu "aucun document de Gazprom", se refusant à tout autre commentaire.

Quelques heures après la décision de la Cour d'arbitrage de Stockholm, Gazprom avait annulé la reprise de ses livraisons de gaz à l'Ukraine, prévue au 1er mars après plus de deux ans d'interruption en vertu d'une décision intermédiaire de cette instance et avait remboursé à Naftogaz l'avance versée.

L'Ukraine, confrontée comme une grande partie de l'Europe à des températures glaciales, a décidé de fermer ses écoles et demandé aux entreprises de ralentir leur activité pour éviter des pénuries.

Une partie du gaz russe destinée aux pays européens transite par le territoire ukrainien et dans le passé, certains conflits gaziers ont entraîné des perturbations pour plusieurs pays de l'Union européenne.

Bruxelles a cependant assuré que ses importations se déroulaient normalement, comme c'est le cas depuis que l'Ukraine a cessé ses achats auprès de Gazprom, fin 2015.

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