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Le géant britannique des télécoms BT supprime 13.000 emplois

Le géant britannique des télécoms BT supprime 13.000 emplois
Le géant britannique des télécoms BT a annoncé le 10 mai 2018 la suppression de 13.000 emploisCHRIS J RATCLIFFE

Le géant britannique des télécoms BT a annoncé la suppression de 13.000 emplois administratifs et d'encadrement ainsi que le déménagement de son siège londonien pour faire face à une intense concurrence.

Le groupe va toutefois créer par ailleurs 6.000 emplois techniques et d'aide au client afin d'accélérer la mise en place de la fibre optique à très haut débit, muscler son réseau de transmission des données et améliorer son service clients.

Le plan de suppression d'emplois, étalé sur trois ans, vise à "simplifier le modèle opérationnel de BT", notamment "en supprimant des échelons d'encadrement", a précisé le groupe dans un communiqué jeudi. BT entend ainsi réduire ses coûts de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) en trois ans.

La mise en place de ce plan d'amaigrissement lui occasionnera toutefois des frais initiaux de 800 millions de livres.

Un porte-parole de BT a précisé à la BBC que les deux-tiers des suppressions d'emplois seraient effectuées au Royaume-Uni.

La secrétaire nationale du syndicat Prospect, Philippa Childs, a qualifié cette annonce de "coup de massue". "La plupart des postes que BT entend supprimer sont occupés par des professionnels hautement qualifiés et la perte de cette expertise pourrait nuire à la recherche et à l'innovation" du groupe, explique-t-elle.

BT compte 106.400 salariés dans le monde, dont 82.800 au Royaume-Uni, d'après son dernier rapport annuel. Il avait déjà annoncé l'an passé la suppression de 4.000 emplois dans le monde à l'issue d'un exercice 2016-2017 difficile marqué par un retentissant scandale comptable en Italie.

Cette fois, les suppressions d'emplois dévoilées jeudi sont annoncées dans le cadre d'un "plan stratégique" visant à "créer de la valeur à long terme pour les actionnaires en maintenant sa position dominante dans les services télécoms au Royaume-Uni et vis-à-vis des sociétés multinationales".

Parmi les mesures annoncées par le directeur général Gavin Patterson figurent la concentration "sur une trentaine de sites stratégiques" et ce "afin de réduire l'inefficacité liée à notre dissémination sur des nombreux sites au Royaume-Uni". Dans ce cadre, le groupe a annoncé le déménagement de son siège social du cœur de la City de Londres.

- L'action plonge -

L'ex-British Telecom est actif dans la téléphonie fixe, l'internet, la télévision et, depuis le rachat de l'opérateur britannique EE, est aussi un acteur qui compte dans la téléphonie mobile. Au Royaume-Uni, il est ainsi en capacité de proposer des offre "quadruple play", face à des acteurs particulièrement puissants dans la télévision, comme Sky, ou les services mobiles comme Vodafone.

Contrairement à l'exercice 2016-2017, l'année comptable du 1er avril 2017 au 31 mars 2018 qui vient de se terminer a vu BT améliorer quelque peu ses profits. Son bénéfice avant impôt a notamment progressé de 11%, à 2,61 milliards de livres (3 milliards d'euros), malgré un effritement de 1% de son chiffre d'affaires à 23,72 milliards de livres (27 milliards d'euros).

Si les revenus tirées des activités vis-à-vis des particuliers ont progressé, les recettes et profits en provenance de ses services aux entreprises ont toutefois diminué de façon décevante.

Pire, du point de vue des investisseurs, BT prévoit pour l'exercice en cours une baisse de 2% de son chiffre d'affaires ajusté (hors éléments exceptionnels) et un effritement de son Ebitda ajusté, à 7,3 ou 7,4 milliards de livres contre 7,5 milliards lors de l'exercice qui vient de se terminer.

L'action du groupe, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur en deux ans, était en conséquence lourdement sanctionnée à la Bourse de Londres, où le titre BT plongeait de 7,46% à 220,80 pence vers 08H00 GMT.

"Supprimer 13.000 emplois administratifs et d'encadrement intermédiaire et embaucher 6.000 personnes dans des rôles plus utiles, notamment des ingénieurs pour accélérer le déploiement de la fibre, semble relever du bon sens", a jugé Lee Wild, analyste chez interactive investor.

Mais il souligne que BT a mis longtemps à agir.

"L'aveu de BT qu'il doit devenir +une organisation plus agile+ est bien tardif. Il est temps pour lui de se confronter à des concurrents qui ont anticipé bien avant lui les mutations dans ce secteur", a-t-il ajouté.

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