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Les apiculteurs dans la rue contre les "insecticides tueurs d'abeilles"

 
 

Avec tenues de protection et enfumoirs, des centaines d'apiculteurs sont venus mardi près de Paris manifester leur ras-le-bol face à la mortalité des abeilles qui menace leur travail.

A Montreuil, devant le siège de FranceAgriMer, organisme qui détermine les orientations stratégiques des filières agricoles, ils brandissaient des pancartes avec un message clair: "L'agrochimie m'a tuer", "Stop à l'hécatombe" ou encore "Non au Cruiser, non aux insecticides neurotoxiques tueurs d'abeilles".

Quatre des cinq organisations professionnelles étaient réunies pour l'occasion: la Confédération paysanne, la Fédération des organisations sanitaires apicoles départementales (FNOSAD), le Syndicat national d'Apiculture (SNA) et l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). Ils avaient réussi à réunir 8 à 900 apiculteurs selon les organisateurs, 300 selon la police.

"Nous sommes venus confirmer nos inquiétudes graves sur le dossier des pesticides que nous ne voyons pas aboutir", a expliqué Yves Vedrenne, président du SNA.

Ils souhaitaient notamment expliquer aux pouvoirs publics et à FranceAgriMer qui réunissait mardi le Comité stratégique apicole, qu'il est inutile d'établir un plan de développement de l'apiculture sans régler la questions des insecticides mis en cause dans la mortalité galopante des abeilles.

"Un plan de développement durable de l'apiculture dans une ambiance de pesticides, ce n'est pas possible. Quand ils nous demandent de doubler la production de miel, ils se foutent de nous", s'est énervé Jean Sabench de la Confédération paysanne.

"Est-ce qu'un éleveur de vaches allaitantes accepterait de perdre la moitié de son cheptel par an ?", a renchéri Yves Vedrenne.

Bruxelles a interdit en 2013 pour deux ans l'usage des trois pesticides néonicotinïdes jugés responsables en partie de l'importante mortalité des abeilles. Insuffisant pour les apiculteurs qui réclament un moratoire étendu à toutes les autres molécules, alors qu'en 2013 la production de miel en France a été inférieure à 15.000 tonnes, soit moitié moins qu'en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent.


 




 

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