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Libéralisation du rail: le PDG de Transdev veut de la flexibilité

Libéralisation du rail: le PDG de Transdev veut de la flexibilité
Thierry Mallet, le PDG de Transdev, le 5 décembre 2016ERIC PIERMONT

Le PDG de Transdev, potentiel concurrent de la SNCF quand le transport ferroviaire de voyageurs sera ouvert à la concurrence, a réclamé mardi que les conditions de travail du groupe public ne soient pas imposées à tout le secteur à l'issue des négociations en cours.

"L'objectif, c'est de ne pas faire en sorte que le statut et les conditions de travail qui existent à la SNCF soient imposées à tous les nouveaux entrants, sinon nous ne bougerons pas", a déclaré Thierry Mallet, qui présentait les résultats annuels du groupe à des journalistes.

"Il ne faut pas aujourd'hui rigidifier le modèle social", a insisté le PDG de Transdev, qui est aussi président de l'Union des transports publics (UTP), l'organisation professionnelle du secteur.

"On peut conserver un certain nombre d'éléments clef du statut pour les gens qui sont transférés (dans le cas où la SNCF perdrait un contrat), mais il faut à tout prix permettre une organisation du travail qui soit différente de celle qu'on a aujourd'hui si on veut créer plus de polyvalence et plus de flexibilité", a-t-il argumenté.

Parmi les éléments qui seraient concernés, il a cité le maintien de la rémunération, de la garantie de l'emploi - c'est-à-dire la garantie de ne pas être licencié pour des raisons économiques -, des avantages tels que les facilités de circulation, l'accès au système de santé de la SNCF et le système de retraite.

"Pour nous, la rémunération n'est pas forcément l'enjeu crucial. L'enjeu crucial, c'est de travailler de manière différente", en permettant à la même personne d'effectuer plusieurs tâches, a souligné Thierry Mallet.

En cas de gain d'un contrat face à la SNCF, il compte accueillir les cheminots "sur la base du volontariat". "On va faire en sorte d'être attractifs pour qu'ils aient envie de venir chez nous. Et je suis prêt à les payer plus pour autant qu'on ait une organisation du travail différente", a-t-il dit.

Certains concurrents potentiels de la SNCF craignent que le gouvernement n'impose trop de contraintes à tout le secteur pour lâcher du lest dans la négociation en cours avec les syndicats de cheminots.

Il faudra aussi que l'ouverture à la concurrence soit assez importante dans les régions pour intéresser les opérateurs alternatifs, a aussi relevé Thierry Mallet.

Transdev --filiale à 70% de la Caisse des dépôts et à 30% de Veolia-- exploite déjà des trains de voyageurs dans six pays.

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