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Brexit : Londres se veut optimiste, Bruxelles reste prudent à six semaines du divorce

BREXIT

Londres a voulu voir "un élan" vendredi dans les discussions avec Bruxelles pour sortir de l'impasse du Brexit à six semaines du divorce, un optimisme qui contraste avec la prudence des Européens pour qui il y a encore "beaucoup de travail" à faire.

"Nous avançons, il y a un élan, les discussions continueront la semaine prochaine entre les équipes techniques", s'est félicité le ministre britannique du Brexit, Stephen Barclay, à l'issue d'une rencontre avec le négociateur de l'UE, le Français Michel Barnier.

"Je pense que les deux parties veulent arriver à un accord et nous travaillons dur pour cela", a assuré M. Barclay à Bruxelles.

Le ton est nettement plus mesuré côté européen. MM. Barnier et Barclay sont "tombés d'accord pour que les discussions techniques se poursuivent", s'est contentée d'écrire la Commission européenne dans un communiqué.

Elles ont porté sur un premier ensemble de "concepts, principes et idées soumis par le Royaume-Uni", y est-il précisé.

Les deux parties ont décidé d'accélérer les négociations lundi à Luxembourg, au cours d'une rencontre entre le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Michel Barnier et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Boris Johnson souhaite un accord au sommet européen des 17/18 octobre, mais il se dit aussi déterminé à ce que son pays quitte l'Union européenne à la date prévue du 31 octobre. Il refuse de demander aux 27 un nouveau report.

Il veut un nouvel accord sans "backstop"(filet de sécurité), cette "police d'assurance" qui doit empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlandes afin de préserver la paix mais aussi le marché unique européen.

- Une rencontre à New York -

Aux yeux de Londres, ce dispositif de dernier recours qui maintiendra le Royaume-Uni dans un "territoire douanier unique" avec l'UE l'empêchera de conclure des accords commerciaux avec d'autres pays.

Les Européens sont fermement opposés à sa suppression tant que Londres ne proposera pas de solutions viables pour le remplacer.

Il est "essentiel" qu'une "solution réalisable et juridiquement opérationnelle" qui réponde à "tous les objectifs du backstop" soit trouvée, ont martelé vendredi les Européens.

La présidence finlandaise de l'UE avait exprimé le souhait mercredi d'une proposition britannique écrite d'ici à fin septembre afin d'éviter un "no deal", un ultimatum rejeté par Londres.

"Il reste beaucoup de travail à faire dans les prochains jours. Le Brexit est une école de patience", a commenté vendredi Michel Barnier auprès de la BBC après la rencontre. Il a refusé de se dire "optimiste" ou "pessimiste" sur les chances de trouver un accord, préférant se dire "déterminé".

En première ligne en cas de "no deal", avec ses lourdes conséquences économiques attendues, l'Irlande refuse de lâcher la proie pour l'ombre.

"Ce que nous demandent Steve Barclay et d'autres, c'est de remplacer une garantie sur la frontière réglant cette question, par une promesse (...) de tenter de résoudre le problème dans l'avenir mais nous ne savons pas encore comment", a déclaré vendredi matin à la BBC, le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.

"Cela ne me semble pas être un accord équilibré", a-t-il déploré.

En difficulté sur le Brexit, Boris Johnson est accusé d'avoir voulu museler l'opposition en suspendant le Parlement jusqu'au 14 octobre, une décision contestée en justice.

En marge de l'assemblée générale des Nations unies, le responsable conservateur doit rencontrer lundi après-midi à New York le président du Conseil européen Donald Tusk, un personnage-clé du sommet d'octobre. Juste avant, M. Tusk aura vu le Premier ministre irlandais Leo Varadkar et la chancelière allemande Angela Merkel.

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