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Des dizaines de vols annulés chez Ryanair au cours de la grève européenne

Italie

(Belga) La compagnie aérienne à bas coûts Ryanair a été contrainte d'annuler des dizaines de vols vendredi à cause d'une nouvelle grève dans plusieurs pays européens du personnel de cabine et des pilotes, qui réclament de meilleures conditions de travail.

"Plus de 2.150 vols (90% de notre programme) fonctionneront normalement" sur les 2.400 prévus en Europe - ce qui fait un total de 250 vols annulés - a assuré le transporteur irlandais dans un communiqué, jugeant la grève "regrettable et injustifiée". L'appel à la grève concerne les personnels navigants en Espagne, au Portugal, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne, rejoints par les pilotes dans certains de ces pays. Certains syndicats ont avancé des chiffres parfois plus élevés que ceux de Ryanair, comme le syndicat allemand Verdi selon lequel 250 vols ont été annulés rien qu'en Allemagne, rapporte le quotidien Bild. En Belgique, 48 vols ont été supprimés (22 à Bruxelles-Zaventem et 26 à Charleroi), soit environ la moitié des vols prévus, selon les deux aéroports. Ryanair assure avoir pris "toutes les mesures nécessaires pour minimiser cette perturbation" et informé ses clients "le plus tôt possible". Pourtant, à Eindhoven, aux Pays-Bas, certains passagers avaient déjà passé les contrôles de sécurité quand ils ont appris l'annulation de leur vol, selon Joost van Doesburg, porte-parole du syndicat des pilotes néerlandais (VNV) de Ryanair. "L'ambiance était électrique", a-t-il souligné. A l'aéroport de Porto, où Ryanair possède sa principale base au Portugal, une dizaine de personnes ont fait la queue vendredi matin devant le comptoir de la compagnie pour trouver des alternatives aux vols annulés. "La compagnie a mis à disposition un autocar. Ce n'est pas aussi confortable. Au lieu de 50 minutes, le voyage va durer 5 heures", a témoigné à la télévision SIC une passagère portugaise d'une cinquantaine d'années. En Espagne, où 88 vols ont été annulés, selon le syndicat USO, le gouvernement a imposé un service minimum aux employés de Ryanair, jugé "abusif" par les syndicats. "Le front ne cesse de s'élargir démontrant à la compagnie irlandaise que son approche envers les employés et les représentants syndicaux (...) est erronée", écrivent dans un communiqué conjoint deux syndicats italiens, CGIL et UIL. Les syndicats réclament de meilleures conditions de travail et l'emploi de chaque salarié via un contrat relevant de son pays de résidence, contrairement à la pratique historique de Ryanair d'employer une bonne part de son personnel via des contrats de droit irlandais. La commissaire européenne aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, a rappelé à l'ordre Ryanair mercredi après avoir rencontré son directeur général Michael O'Leary. "Le respect du droit communautaire n'est pas quelque chose sur lequel les travailleurs devraient avoir à négocier", a-t-elle prévenu. Pour la Commission européenne, "ce n'est pas le pavillon de l'avion qui détermine la loi applicable. C'est l'endroit d'où les travailleurs partent le matin et reviennent le soir, sans que l'employeur ait à couvrir les frais". La compagnie à bas coûts connaît une grogne sociale endémique depuis un an qui a débuté avec le mécontentement de ses pilotes. Elle a tenté d'éteindre la contestation en signant dernièrement plusieurs accords avec des syndicats, notamment au Royaume-Uni, en Irlande et en Italie, acceptant des augmentations de salaire et améliorations des conditions de travail. La grève de vendredi poursuit un mouvement social entamé cet été avec deux vastes mouvements coordonnés dans plusieurs pays européens: chez le personnel de cabine fin juillet (600 vols annulés, 100.000 passagers touchés) puis chez les pilotes en août (400 vols annulés, 55.000 passagers touchés). (Belga)

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