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Européennes: à Troyes, les Insoumis promettent une "contre-offensive" après des "moments difficiles"

Européennes: à Troyes, les Insoumis promettent une
Manon Aubry, tête de liste LFI aux élections européennes, en meeting à Saint-Juliens-les-Villas le 28 février 2019FRANCOIS NASCIMBENI

La tête de liste de La France insoumise pour les élections européennes Manon Aubry et le député Adrien Quatennens ont affirmé jeudi en meeting à Troyes vouloir "passer à la contre-offensive" pour relancer un début de campagne pâtissant de controverses et de mauvais sondages.

Ils ont aussi rappelé leur volonté de faire de ce scrutin un référendum "anti-Macron", à qui il faut "coller une raclée démocratique".

Adrien Quatennens a vanté les Insoumis qui sont les "seuls à avoir un programme" spécifique pour les européennes, avec des centaines de réunions publiques et des camions sillonnant la France pour diffuser les hologrammes de leurs candidats. "LFI parvient à faire campagne avec enthousiasme, même dans un moment qui peut paraître difficile", a-t-il dit devant 250 personnes, dont une poignée de "gilets jaunes".

"Moment difficile", parce que les Insoumis sont régulièrement empêtrés, ces derniers mois, dans des controverses internes - sur le manque de collégialité des décisions - et externes - dernière en date, des soupçons démentis d'ambiguité à propos d'antisémitisme.

Mais la mauvaise passe, ce sont aussi les sondages en berne. Alors que Manuel Bompard, numéro 2 sur la liste, confie à l'AFP que l'objectif est d'atteindre les 11% des législatives en 2017, les Insoumis n'enregistrent ces derniers jours qu'entre 7 et 9% d'intentions de vote, au coude à coude et parfois même dépassés par EELV et sa tête de liste Yannick Jadot.

A Troyes, Manon Aubry et Adrien Quatennens les ont vertement critiqués. EELV "était en faveur d'une taxe carbone qui a suscité la colère (des +gilets jaunes+), parce que fondamentalement antisociale", a souligné la première, revendiquant pour LFI une "écologie populaire".

"Il n'est pas possible de mener une politique sociale et écologiste ambitieuse sans changer les traités", "ceux qui disent l'inverse sont des menteurs ou des naïfs", a tonné Adrien Quatennens, en référence à la position pro-européenne de Yannick Jadot.

Quant aux sondages, "on les apprécie comme des horoscopes", a-t-il ironisé, livrant une "contre-offensive" chiffrée pour les contester et préférant citer un autre sondage, "qui dit que 72% des Français sont mécontents du fonctionnement de l'Union européenne".

- Renouer avec les "débuts" -

Cible privilégiée des Insoumis: Emmanuel Macron, accusé par Manon Aubry d'être "un bon petit soldat" de l'austérité: "Quand il s'agit de faire 60 milliards d'économie, il ne va pas faire les poches des grandes entreprises et des milliardaires, c'est dans la poche des plus pauvres qu'on le fait: augmentation de la CSG, non revalorisation des pensions, fermeture des maternités et hôpitaux... On laisse mourrir des personnes âgées dans des Ehpad privatisés, au nom du dogme de l'austérité!"

Or, pour M. Quatennens, celui-ci est "imposé à tous les étages par l'UE": "L'ouverture à la concurrence de la SNCF c'est une directive européenne, comme la prochaine cible, la réforme des retraites".

"Pour ceux pour qui ce vote ne compte pas, gardez à l'esprit que beaucoup se joue à Bruxelles, à 24 voix près... On peut faire parfois pencher la balance!", a dit Manon Aubry. LFI siégera au Parlement européen au sein de la coalition "Maintenant le peuple!", avec Podemos en Espagne, le "Bloco de Esquerda" portugais ou encore l'Alliance rouge-verte au Danemark.

Pour convaincre les abstentionnistes, traditionnellement plus nombreux pour la gauche radicale aux européennes, les Insoumis comptent ainsi sur leur campagne, raison d'être de leur mouvement "gazeux". "Il faut mettre du charbon dans la machine, LFI ne peut vivre que par l'action, ses campagnes, c'est le meilleur moyen de mettre les gens d'accord", souligne un cadre du Parti de gauche auprès de l'AFP.

"Nos campagnes nous ont toujours fait progresser, et cette élection européenne sera plus nationale que jamais", assure de son côté le député Bastien Lachaud.

"J'espère qu'on va pouvoir se faire entendre, parce qu'on est différents", confie Claude, 71 ans, venu de Bar-sur-Aube. Disant "ne pas adorer Mélenchon", il souhaite que LFI renoue avec "l'apport collectif des débuts, plus difficile à voir aujourd'hui".

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