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Royaume-Uni: la croissance est repartie en août avec la levée des restrictions

 
 

Le Royaume-Uni a vu son activité repartir avec une croissance de 0,4% en août, particulièrement dans le tourisme, la restauration, l'art et les divertissements, grâce à la levée de toutes les restrictions sanitaires liées à la pandémie.

Le produit intérieur brut (PIB) a notamment été tiré par les services directs aux consommateurs, comme le tourisme, qui avaient particulièrement souffert de la pandémie et de longs mois de fermeture.

"L'hôtellerie, les services alimentaires, l'art et les divertissements ont contribué le plus à l'activité des services en août", tandis que le commerce de détail et les services de santé, à l'inverse, ont vu la leur ralentir", détaille mercredi l'Office national des statistiques dans son rapport mensuel.

Le PIB reste cependant inférieur de 0,8% comparé à son niveau d'avant la pandémie, ajoute l'ONS.

Les données de juillet sont révisées avec maintenant une contraction de 0,1%, contre une hausse de 0,1% initialement publiée. Cette révision est due à une fabrication moins importante que prévu de véhicules, mais aussi de pétrole et gaz à cause de période de maintenance dans les infrastructures, et au calcul de l'activité dans le secteur de la santé.

Le secteur de la construction a enregistré une contraction et sa production reste 1,5% sous son niveau d'avant la pandémie.

Le secteur manufacturier, qui pâtit aussi actuellement d'un manque de main d'oeuvre, de semi-conducteurs et d'équipements à cause d'une crise logistique mondiale et des conséquences du Brexit, est celui dont le retard par rapport à la pandémie reste le plus important, d'après les données publiées par l'ONS.

- Pénuries, inflation, vague hivernale -

Les problèmes d'approvisionnement au Royaume-Uni ont notamment provoqué en août une chute de 27% de la production automobile à cause d'un manque de semi-conducteurs mondial.

Le manque de chauffeurs routiers, évalué à 100.000 personnes par le secteur, engendre aussi depuis plusieurs mois des pénuries dans les magasins, qui se sont aggravées ces dernières semaines, touchant désormais les stations-service et menaçant la performance des commerces pour Noël.

L'économie britannique est aussi confrontée à une envolée des prix qui pourrait monter à 4% d'inflation d'ici la fin de l'année, le double de l'objectif de la Banque d'Angleterre, avec notamment de fortes hausses de factures dans l'énergie, à la faveur de cours records du gaz naturel.

Pour septembre, l'indicateur avancé PMI Flash Composite du cabinet IHS Markit est ainsi tombé au plus bas en sept mois.

"Le PIB en août a montré une croissance décente pendant que le pays rebondissait (après les mois de confinement liés à la pandémie) et malgré une crise de la chaîne d'approvisionnement et des pénuries de travailleurs, mais la performance globale a été mitigée", remarque Yael Selfin, économiste du cabinet KPMG.

"La perspective de coûts en hausse, de plus de perturbations (de l'approvisionnement) et une potentielle vague hivernale de cas de covid pourraient menacer la fragile reprise économique", avertit-elle.

Le marché du travail tient bon toutefois pour l'instant, avec un taux de chômage qui a poursuivi son repli lors des trois mois achevés fin août, à 4,5%. Reste à voir l'impact potentiel de la fin des aides massives à l'emploi mises en place pour le gouvernement face à la pandémie et dont l'essentiel, le programme de chômage partiel, s'est achevé fin septembre.

Le Chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak a de son côté salué mercredi la "reprise qui continue avec un record d'employés salariés et la prévision de croissance pour le Royaume-Uni la plus rapide cette année pour le G7".

Le FMI vient d'abaisser sa prévision de croissance britannique pour 2021 à 6,8% contre 7%.

La forte reprise de l'activité britannique est à mettre en parallèle avec l'ampleur de la chute du produit intérieur brut l'an dernier avec la pandémie, la plus brutale du G7 (-9,8%), le Royaume-Uni ayant eu des mois de confinement particulièrement longs et stricts.

Le pays est l'un des pays européens avec le bilan humain le plus lourd à cause de la pandémie, à environ 138.000 décès.


 




 

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