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Ukraine: vague d'indignation après le meurtre d'une avocate

Ukraine: vague d'indignation après le meurtre d'une avocate
Un homme brandit une photo d'Iryna Nozdrovska sur une tablette devant le siège de la police régionale lors d'une manifestation au lendemain du meurtre de l'avocate ukrainienne, le 2 janvier 2017 à KiSergei SUPINSKY
 

Le meurtre d'une avocate qui militait pour la défense des droits de l'Homme a suscité de vives protestations en Ukraine où le chef de la diplomatie a qualifié cette affaire de "défi pour l'Etat".

Le corps d'Iryna Nozdrovska a été découvert lundi dans une rivière près de Kiev, alors que l'avocate de 38 ans était portée disparue depuis plusieurs jours. La police ukrainienne a indiqué dans un communiqué ouvrir une enquête pour "meurtre prémédité".

Cet assassinat a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux où des appels à manifester ont aussitôt circulé. Plus d'une centaine de personnes se sont rendus devant le siège de la police régionale, scandant "Honte!" et réclamant justice.

Il s'agit d'un "défi pour l'Etat et d'un test de la capacité de la société de protéger ses femmes militantes et d'assurer la justice" en général, a déclaré sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine.

L'ambassade américaine en Ukraine s'est également dite sur Twitter "choquée" par la mort de la militante, appelant à "traduire en justice" les coupables.

"Nous allons faire tout notre possible" pour que les auteurs du meurtre soient arrêtés, a promis sur Facebook le chef adjoint de la police nationale Viatcheslav Abroskine.

Iryna Nozdrovska avait consacré les deux dernières années à empêcher la libération de Dmytro Rossochansky qui avait mortellement blessé sa soeur dans un accident de la route en 2015.

Condamné à sept ans de prison en juin, M. Rossochansky, neveu d'un juge, avait de fortes chances d'être amnistié et remis en liberté, jusqu'au rejet de son appel par la cour d'appel de Kiev mercredi dernier.

Ce rejet a été obtenu "essentiellement grâce" à l'implication personnelle de l'avocate, a indiqué dans un communiqué le groupe ukrainien pour la protection des droits de l'Homme de Kharkiv (KHPG), alors que le système judiciaire ukrainien est régulièrement accusé d'absoudre les personnes proches de hauts responsables.

Mme Nozdrovska a reçu de "nombreuses menaces de la part de l'accusé et de sa famille", a affirmé le député ukrainien Moustafa Naïem. Selon lui, lors de la dernière audience du procès de M. Rossochansky, le père de ce dernier avait lancé à l'avocate: "Tu vas mal finir".

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