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"Gilets jaunes": mobilisation toujours soutenue à Bordeaux et heurts en fin d'après-midi

Entre 4.000 et 5.000 "gilets jaunes" défilent à Bordeaux, le 9 février 2019MEHDI FEDOUACH

Plusieurs milliers de "gilets jaunes" -- 5.000 selon des sources policières -- ont manifesté samedi à Bordeaux, un des bastions du mouvement, une mobilisation soutenue marquée à nouveau par des heurts entre forces de l'ordre et manifestants.

Selon la préfecture, 18 personnes ont été interpellées. Elle décompte par ailleurs 12 blessés parmi les forces de l'ordre par jets de projectiles, traumatismes sonores, etc, soulignant que les manifestants ont été "extrêmement violents".

La préfecture ne donne pas de chiffre de blessés côté manifestants.

Comme souvent, d'un côté jets de bouteilles, pétards, pavés, de manifestants équipés pour la bagarre, de l'autre charges, lacrymogènes et canons à eau des forces de l'ordre, ont marqué la tombée de la nuit dans le centre-ville.

La capitale girondine, bastion "gilets jaunes", est quasi systématiquement touchée le samedi par des débordements plus ou moins violents quand le cortège se retrouve près de l'Hôtel de Ville.

Pour l'acte 13, le scénario a à peu près été le même. Le cortège s'y est disloqué avec des manifestants repoussés par les lanceurs d'eau des forces de l'ordre, des groupes de manifestants se disséminant dans les rues environnantes.

Les pompiers ont dû intervenir pour éteindre deux véhicules en feu dans une rue du centre-ville, le brasier noircissant les murs d'un bâtiment accueillant un centre culturel et faisant fondre les volets de l'immeuble situé en face.

La manifestation avait commencé en début d'après-midi dans le calme, avec une mobilisation légèrement supérieure à la semaine passée.

Des premiers accrochages ont eu lieu en milieu d'après-midi près d'un cordon de forces de l'ordre alors que tout au long du cortège, des jeunes encagoulés ont inscrit de très nombreux tags sur les murs, les vitres ou les panneaux de bois de protection de certains établissements.

Certains messages, à résonance clairement anarchistes, étaient adaptés aux établissements visés comme "Caillasse ta banque" sur une agence bancaire, "Mort aux bourges" sur un magasin de vêtements chics ou "Brûlez vos maisons, voilà notre mission" sur une agence immobilière.

A l'arrivée du cortège sur la place de la mairie et de la cathédrale, lieu traditionnel des heurts de fin de manifestation à Bordeaux, la statue de Jacques Chaban-Delmas, ancien Premier ministre et maire de la ville pendant 48 ans, a été revêtue d'un grand gilet jaune.

Non loin, des "Black Bloc" ont accroché une banderole demandant aux "gilets jaunes" de "respecter leurs pratiques" ou de les "rejoindre". "Nous faisons cela pour que nos vies et les vôtres deviennent supportables", ont-ils écrit en blanc sur un grand drap noir, signant même leur message.

Pendant la dispersion des manifestants par les forces de l'ordre, des dégradations ont été commises sur des devantures, notamment sur la vitrine d'une société d'intérim que le Premier ministre Edouard Philippe avait visité le 1er février lors d'une visite à Bordeaux.

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