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Dernier message de l'alpiniste Hugues d'Aubarède, disparu dans l'Himalaya le 1er août

 
 

"C'est Hugues d'Aubarède, il fait -20, je suis à 8.611 (...) J'ai trop froid, je suis trop heureux, merci". C'est le dernier message téléphonique de l'alpiniste disparu au K2, au Pakistan, adressé à son patron, sponsor et ami, le 1er août dernier.

Au cours de cette brève communication, Hugues d'Aubarède est très essoufflé, on le sent au bord des larmes, malgré la piètre qualité de la communication que Patrick Bezier, directeur général des assurances Audiens, qui sponsorisait l'alpiniste travaillant pour le groupe, a fait entendre à une journaliste de l'AFP mardi matin.

L'alpiniste fait partie des 11 morts emportés par une avalanche de séracs survenue vendredi près du sommet (8.611m) du K2, dans l'un des pires accidents de montagne dans l'Himalaya. Marco Confortola, un Italien de 37 ans, actuellement secouru, serait l'unique survivant.

"Je te suis très reconnaissant, je tenais à te remercier". Le son est inaudible. "Il fait un froid de canard (...)". Très essouflé, Hugues d'Aubarède remercie Audiens de l'aide apportée pour son expédition. "Patrick un grand merci, j'ai trop froid, je suis trop heureux, merci". La communication s'arrête là.

"C'est ma dernière tentative, il faut être raisonnable dans la vie", avait déclaré à son patron Hugues d'Aubarède, un Lyonnais de 61 ans, avant son départ pour le K2.

"Il avait raté le sommet du K2 il y a deux ans à 200 mètres près, mais à sept heures de marche. Il n'avait toutefois pas l'intention de cesser toute activité montagnarde. C'était aussi un homme efficace dans l'entreprise", a tenu à témoigner son employeur, ému.

Hugues d'Aubarède était un alpiniste "endurant et d'une grande opiniâtreté", se souvient Jean-Michel Asselin, un de ses anciens compagnons de cordée.

"J'ai fait une expédition avec Hugues d'Aubarède en 2003 à l'Everest, c'était un alpiniste amateur éclairé (...) qui avait la niaque", a indiqué lundi à L'AFP M. Asselin, qui est également écrivain à Grenoble.

"Il a réussi des montagnes importantes (dans l'Himalaya) dont le Nangat Parbat, le Gasherbrum 1 et raté deux fois le K2 (...). Il voulait réussir ce qu'il entreprenait et c'est ce qui l'a peut-être perdu aussi", a-t-il regretté.

Originaire de Fontaine-sur-Saône près de Lyon, Hugues d'Aubarède, 61 ans, était assureur à Lyon et propriétaire d'une maison secondaire à Chamonix (Haute-Savoie), un châlet légué par ses parents.

"En 2003 pour l'expédition à l'Everest, nous étions restés un peu plus de deux mois. Six d'entre-nous, trois sherpas et trois alpinistes l'avons gravi, par la voie normale du côté Népal, mais lui, n'avait pas pu le faire. Il l'avait ensuite réussi en 2004, mais par le versant Nord, du côté versant Tibétain", s'est-il encore souvenu.

Outre Hugues d'Aubarède, trois Coréens, deux Népalais, deux Pakistanais, un Serbe, un Irlandais, un Norvégien ont péri vendredi dans l'extrême nord-est du Pakistan près du sommet du K2 dans l'un des plus graves accidents de montagne survenus dans l'Himalaya depuis quinze ans.

Le K2 (8.611m) est le deuxième plus haut sommet du monde après l'Everest (8.848m)

Hugues d'Aubarède avait deux filles et deux petits-enfants.


 

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