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Huit ans de prison pour Chossat, le "repenti" autoproclamé de la Brise de Mer

"Repenti" autoproclamé de la Brise de mer, Claude Chossat a été condamné à huit ans de prison vendredi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour complicité dans l'assassinat en 2008 de Richard Casanova, fondateur présumé de ce gang criminel corse.

Après neuf jours de procès et cinq heures et demi de délibéré, le verdict est tombé: l'ex-homme à tout faire de Francis Mariani, autre baron de la Brise de Mer, bande criminelle née dans les années 1970 et portant le nom d'un bar du port de Bastia, est retourné vendredi soir en prison, alors qu'il était libre sous contrôle judiciaire depuis 2012, dans l'attente de ce procès.

La peine prononcée par le président Tournier est à mi-chemin entre l'acquittement demandé par la défense et les 15 ans d'emprisonnement requis jeudi par l'avocat général Pierre Cortes.

Accusé de l'assassinat en bande organisée de Richard Casanova, alias "Le Menteur", commis le 23 avril 2008, Chossat avait toujours nié ce meurtre, et se prévalait inlassablement d'un statut de "repenti" autoproclamé pour réclamer une atténuation de la peine qu'il encourait.

Selon lui, c'est son ancien patron, Francis Mariani, qui aurait appuyé sur la gachette du fusil de sniper SIG à visée laser ce jour-là, à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Mais Francis Mariani n'a jamais pu répondre à ces accusations: il est mort en janvier 2009, en pleine cavale, dans l'explosion d'un hangar.

Me Edouard Martial, l'un des quatre avocats de Claude Chossat, a salué une décision "qui reconnaît que (son client) n'est pas un assassin, qu'il n'a pas de sang sur les mains". La décision de faire appel ou non sera prise en concertation avec Chossat, en fonction de la façon dont cette peine sera aménagée.

- "Syndrome de Stockholm" -

"J'ai les jambes coupées, c'est un sentiment de désolation", a déploré Sandrine Chossat, l'épouse de l'accusé. "Ce soir je vais rentrer seule et me retrouver seule avec mes deux filles" a-t-elle poursuivi, en colère contre un verdict qui selon elle envoie un mauvais signal: "En Corse les gens se lèvent contre la mafia, mais avec une décision comme ça, plus aucun Corse ne voudra parler".

Est-ce la disparition de Mariani qui avait encouragé Claude Chossat à déballer aux enquêteurs ses secrets sur la Brise de Mer, après son arrestation, en septembre 2009? Une certitude: ce vrai-faux statut de "repenti" a sans doute joué dans la clémence relative des jurés.

Si l'ancien factotum de Mariani a utilisé ce terme de "repenti" pour titrer ses confessions chez Fayard en 2017, il n'en avait jamais obtenu le statut juridiquement.

Quand vous prétendez au statut de repenti, "vous êtes dans l'usurpation", lui avait asséné jeudi l'avocat général, demandant aux jurés d'écarter cette "vision romantique" d'un Chossat "ange annonciateur du déclin de la mafia corse".

Accusés par le magistrat d'avoir été victimes du "syndrome de Stockholm" envers Chossat, les enquêteurs et magistrats instructeurs avaient témoigné à l'audience de l'importance de ses révélations. "S'il n'a pas le statut légal de repenti, il mérite le nom de collaborateur de justice", avait déclaré Claude Choquet, l'un des magistrats à avoir traité ce dossier.

Au cours de ce procès, trois portraits de l'accusé ont été présentés: un Chossat "manipulateur" pour les avocats de la partie civile, la famille Casanova, qui avaient ironisé sur un "Richard Virenque de la Brise de Mer, (présent) à l'insu de son plein gré"; un Chossat menteur quasi-pathologique chez qui "un bobard peut en cacher un autre", pour l'avocat général; et un Chossat simple "pion", "l'ombre de son ombre", "sous la domination de Francis Mariani", pour sa défense.

David Taddei, qui comparaissait aux côtés de Claude Chossat et était accusé d'avoir fourni un lot d'armes, dont celle du crime, à Francis Mariani: il a été acquitté.

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